Drôle de Compas-nion !
4 Juin 2007
Drôle de Compas-nion !
Publié le 4 Juin 2007 @ 19:03:24 , contient 432 mots
J'ai reçu ces jours-ci par courriel une publicité pour des animations sur le thème des bâtisseurs antiques et médiévaux, émanant d'un « Compas-nion charpentier du Devoir en Liberté »...
Deux solutions : ou bien je ne connais finalement pas du tout le Compagnonnage car j'ignore tout de l'existence des « Compas-nions du Devoir en Liberté », ou bien c'est l'ordinateur de cet expéditeur qui possède un programme défaillant pour l'orthographe et autres formalismes bêtement profanes ! A moins qu'il soit nécessaire que je change de lunettes... mais d'autres personnes m'ayant confirmé avoir lu la même chose, je vais laisser mon ophtalmo tranquille !
Car c'est beaucoup d'énormités en quelques mots :
Suite:
« Compagnon » ne s'écrit pas « compas-nion », quand bien même certains croient encore, drapés dans la suffisance de leurs titres initiatiques, que la véritable étymologie de Compagnon proviendrait de compas, comme si le sens de « ceux qui partagent le même pain », parfaitement attesté et indiscutable, n'était pas assez spirituel ou « ésotérique ». – Les anciens Compagnons charpentiers de rite Salomon étaient des « Compagnons charpentiers de Liberté », ou à la rigueur « du Devoir de Liberté », mais certainement pas des Compagnons charpentiers du Devoir... en liberté !
Précisons aussi qu'à quelques individus près, connus des Compagnons mais semble-t-il pas — justement — de notre « Compas-nion du Devoir en Liberté », les authentiques Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté (ou « Indiens ») ont fusionné avec la plus grande partie des Compagnons charpentiers du Devoir en 1945 pour donner naissance aux Compagnons charpentiers des Devoirs. Il n'est donc en 2007 plus guère d'authentiques Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté, reçus avant 1945...
Bref, on l'aura compris, voici encore un « grand initié » plus initié que les initiés !
Quant au contenu annoncé des animations, c'est comme on pouvait s'y attendre un salmigondis certainement très séduisant de nombre d'or et tracés géométriques « secrets/sacrés » sauce romane, agrémenté de puissantes considérations alchimiques, maçonniques (opératives, bien sûr), ésotériques... Il n'est en fait que d'être un lecteur un tant soit peu assidu des ouvrages qui paraissent sur tous ces sujets, les bons comme les moins bons (je parle des livres, pas des sujets), pour constater qu'il n'est rien dans le propos qui ne trouve sa source dans ces publications. A titre d'exemple, l'apparition, manifestement nouvelle, dans l'exposé du « Compas-nion » d'un paragraphe concernant « le sens profond de cette immense imagerie des Bestiaires, Volucraires, Floraires et Lapidaires »... n'est certainement pas sans rapport avec la récente réédition du passionnant Bestiaire du Christ de Louis Charbonneau-Lassay !
1 commentaire
(Iceux sus cités, connaissant à peu près tout sur "Le Grand Rien"; ces "Branle le vent" ont l'outrecuidance de venir embrener de fort méchante manière les valeurs de nos Devoirs, détourner l'Orient de nos traditions et ré inventer la Geste compagnonnique.
Il en est de ces sortes d'Insectes saprophytes, vils atomes importuns, ignorants des choses de l'Amitié et de la Belle Ouvrage.
Il n'est de cesse que le souffle malsain de leur aride haleine porte aux environs la fièvre et la migraine !!!!
Enfin, avec anticipation et modération, cette épitaphe adressée à ces malfaisants et autres gâche soupes:
"Souhaitons que la terre ne leur soit point légère, attendu que de leur vivant il l'ont si inhumainement chargée"
:.L'Orient vaut le trait:.
Ph.L








