Fragments d'histoire du Compagnonnage, volume 10
17 Novembre 2008
Fragments d'histoire du Compagnonnage, volume 10
Publié le 17 Novembre 2008 @ 18:33:52 , contient 654 mots
Le dixième volume des Fragments d'histoire du Compagnonnage est paru.

Présentation par Laurent Bastard, Chargé de conservation du Musée du Compagnonnage de Tours.
Suite:
Ce dixième volume des Fragments d’histoire du Compagnonnage est fidèle aux objectifs de 1998 : faire découvrir le Compagnonnage sous ses multiples facettes historiques, sociales, rituelles et symboliques, toujours de façon plus approfondie et au-delà des sentiers battus.
Cette démarche n’est pas sans remettre en cause des affirmations qui valaient jusqu’alors paroles d’Évangile ni briser quelques tabous, mais s’interroger et tenter d’apporter des réponses, dire la vérité lorsqu’elle est confortée par des documents, sont à la base de toute recherche historique. L’institution compagnonnique ne peut que s’enrichir par la connaissance de son passé. Ce dernier offre encore de multiples sujets d’étude et la série des Fragments n’est pas prêtre d’être interrompue…
Le cycle de conférences 2007 a permis d’aborder, avec Laurent Bastard, le vaste thème des « Sociétés dissidentes et pseudo-compagnonnages ». On verra que le sujet appelle un nécessaire recul et conduit à s’interroger sur la définition même d’un compagnonnage, au-delà des questions de filiation, de légitimité, de régularité et de reconnaissance. Loin d’être exhaustif, le recensement des mouvements contemporains qui reprennent à leur compte l’histoire et les traditions du Compagnonnage atteste de son prestige mais s’analyse aussi comme une forme de détournement de son contenu à des fins étrangères aux buts des Devoirs.
La contribution de Nicolas Adell-Gombert sur le thème « Passage par le rite et rites de passage : les fonctions sociales du Compagnonnage et leur évolution aux XVIIIe et XIXe siècle », ne va pas sans bousculer quelques idées reçues. Les Devoirs ne seraient-ils pas, à l’origine, des associations de jeunesse comme il y en eu tant sous l’Ancien Régime ? Leur fonction n’était-elle pas de faire passer l’enfant à l’âge adulte ? Leur contenu rituel et symbolique, leur légendaire (moins ancien qu’on ne le croit), se sont adaptés à l’évolution des mentalités de sorte qu’ils ont pu traverser les deux derniers siècles jusqu’à nous. Mais cette mutation s’est opérée au prix de nouveaux objectifs…
Sur le thème des « Animaux à l’atelier », L. Bastard étudie les rapports complexes existant entre les animaux et les outils qui portent leurs noms ainsi qu’entre les hommes de métiers et les loups, chiens, renards et autres bêtes sauvages. La symbolique animale est enfin abordée à partir des multiples détails figurant sur les lithographie du XIXe siècle ou dans les chansons compagnonniques.
Enfin, le compagnon Jean Philippon évoque un sujet peu connu, celui des « Compagnons dans la Grande Guerre ». Le patriotisme des années qui suivirent la défaite de 1870 fut mis à rude épreuve lorsqu’il fallut reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Les conséquences du conflit sur la vie des chambres et cayennes furent sévères. Un monde transformé au niveau idéologique et technique vit le jour et le Compagnonnage d’aujourd’hui en est la conséquence. Cette étude est assortie d’une annexe où figurent les noms de plus de 480 aspirants et compagnons de tous les Devoirs, morts durant la guerre. Elle permet de mesurer l’ampleur des pertes qu’ont subies des sociétés aux effectifs déjà réduits au début du XXe siècle et les difficultés qu’elles ont éprouvées pour surmonter ce désastre. Cette liste s’avèrera utile pour les généalogistes.
Un volume de 208 pages, format 21 x 30 cm. Nombreuses illustrations en noir et blanc. Prix : 22 euros.
Les volumes de la collection sont disponibles directement auprès du Musée du Compagnonnage : télécharger le bon de commande en PDF








