Le volume 11 des Fragments d'histoire du Compagnonnage est paru
8 Septembre 2009
Le volume 11 des Fragments d'histoire du Compagnonnage est paru
Publié le 8 Septembre 2009 @ 13:28:17 , contient 1027 mots
Depuis 1999, le musée du Compagnonnage édite les conférences qui sont données annuellement sur l’histoire du Compagnonnage, l’histoire sociale et l’histoire des techniques.

Ce 11e volume est à nouveau très copieux, tant par ses 240 pages grand format (21 x 30 cm) que par la densité des textes et des illustrations. Qu'on en juge par le sommaire tel que le détaille le communiqué de presse du musée :
Suite:
On y découvrira la biographie la plus complète sur Pierre Capus dit « Albigeois l’Ami des Arts », compagnon cordonnier-bottier du Devoir et poète. Laurent Bastard étudie en détail toutes les facettes de ce personnage, né à Albi en 1803 et mort vers 1867. Évoluant en une époque où tous les autres compagnonnages s’étaient ligués contre celui des cordonniers, issu de la trahison d’un compagnon tanneur d’Angoulême en 1808, Capus s’est efforcé toute sa vie d’obtenir la reconnaissance de ses frères ennemis. À l’instar de Perdiguier, dont il était l’ami, Capus était un pacifique. Il œuvra dans deux directions. Sur le plan professionnel, il confectionna des bottes extraordinaires aux coutures invisibles ou couvertes de perles, qui demeurent les chefs-d’œuvre inégalés du métier. Sur le plan littéraire, il écrivit des chansons et de longs poèmes, nourris de références mytholiques, où il appelait les compagnons à respecter les cordonniers, qui sont comme eux d’habiles artisans et de dévoués Devoirants. Il mourra après avoir eu le bonheur de voir les tanneurs les reconnaître enfin, en 1865. Cette étude comporte de larges extraits de la correspondance entretenue en 1864-1866 avec l’arrière-grand-père de l’auteur.

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Jean-Michel Mathonière, avec « Les avatars de Maître Jacques », explore les sources qui ont abouti à l’élaboration du fondateur d’une partie des compagnons du Devoir. En confrontant les légendes tardives rapportées par Perdiguier avec des éléments jusqu’alors méconnus, il constate qu’il y eut plusieurs Maîtres Jacques selon les corps de métiers. Des récits divers se sont amalgamés : celui de saint Jacques le Majeur et de saint Jacques le Mineur, souvent confondus ; celui de Jacques de Molay, le grand-maître des Templiers ; celui de la vie et de la mort du Christ. Mais des personnages historiques ont certainement joué un rôle dans la formation du personnage et c’est la nouveauté de cette étude : les tailleurs de pierre ont probablement fait référence à Jacques Vignole, l’architecte italien de la Renaissance, auteur d’un traité qui était couramment utilisé en format de poche par les hommes du bâtiment. Ils ont aussi puisé dans la dynastie des Jacques Gabriel ou dans la personnalité de Jacques Lemercier, architectes de la reconstruction de la cathédrale d’Orléans au XVIIIe siècle. On perçoit ainsi les mécanismes complexes de la formation des légendes compagnonniques qui ont abouti à la « version Sainte Baume » et à celle des « Tours d’Orléans ».

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Avec les « Tuileries, briqueteries et fours à chaux de Touraine », Jacques Thomas nous entraîne dans un monde en voie de disparition, puisque seuls quelques ateliers fonctionnent encore en Indre-et-Loire. Pourtant, jusqu’au XIXe siècle, la construction individuelle et industrielle mais aussi l’agriculture ont favorisé l’implantation de ces fours sur 160 communes. Après avoir défini tous les types existants, l’auteur présente quelques uns des plus originaux de la région et dont les vestiges sont encore en place. Il en est qui constituent de beaux témoignages d’histoire technique et qui mériteraient d’être conservés au titre de l’archéologie industrielle.

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Jean-Marie Moine évoque pour sa part les « Petits métiers de la rue, de la boutique et de l’atelier » à partir des chansons du XIXe et du XXe siècles. On y côtoie les prostituées et les policiers, les chanteurs de rue et les cochers, les chiffonniers et les ramoneurs, la pâtissière et le cordonnier, les tisseurs, vidangeurs, chapeliers, modistes, chauffeurs de locomotive et bien d’autres. Le répertoire de la chanson française est une mine pour évoquer les activités disparues ou transformées. L’humour et la tragédie se côtoient dans ces textes aujourd’hui oubliés, bien que certains soient encore fredonnés ou repris par des artistes contemporains sur des airs plus à la mode.

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Enfin, avec « Le Devoir de Liberté et ses sociétés », Jean Philippon étudie les divers compagnonnages qui se sont réclamés de la Liberté et placées sous l’invocation du grand roi Salomon. Loin d’être confondues, leur histoire et leurs traditions leur sont propres et le Devoir de Liberté n’a jamais vraiment constitué un bloc homogène. Plusieurs de ses sociétés se sont formées en réaction contre les abus et l’intolérance des compagnons du Devoir et les premières émergent durant la seconde moitié du XVIIe siècle. A l’aide de sources inédites, l’auteur évoque les compagnons tailleurs de pierre Étrangers, les menuisiers et serruriers Gavots, les tonneliers-foudriers, les cordonniers, les boulangers ainsi que les charpentiers Renards et les Indiens. Le Devoir de Liberté n’est plus représenté aujourd’hui que par les Gavots mais ses traditions sont en partie perpétuées chez les charpentiers des Devoirs et au sein de l’Union Compagnonnique.

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Fragments d’histoire du Compagnonnage, volume 11 : disponible au Musée du Compagnonnage, 8 rue Nationale 37000 TOURS (tél. 02 47 21 62 20). Prix : 22 € (ajouter 4 € pour expédition). Chèque à l’ordre du Trésor public. Vous pouvez télécharger le bon de commande ici.
Les autres volumes de cette véritable encyclopédie du Compagnonnage que constituent les Fragments sont toujours disponibles auprès du musée (voir le bon de commande téléchargeable).








