Le site « Charpentiers d'Europe et d'ailleurs » (Ministère de la Culture)
19 Septembre 2009
Le site « Charpentiers d'Europe et d'ailleurs » (Ministère de la Culture)
Publié le 19 Septembre 2009 @ 18:57:00 , contient 1015 mots
Au gré de mes recherches sur internet, j'ai découvert il y a quelques mois l'existence d'un site consacré aux « Charpentiers d'Europe et d'ailleurs », site intéressant qui contient de nombreuses références aux Compagnons charpentiers, français et allemands.

Le mieux, dans un premier temps, est de reproduire ici la présentation qu'en font leurs auteurs, en l'occurrence des ethnologues du Ministère de la Culture et de la Communication, dont ce site est une production. J'exposerai ensuite les réserves qu'il m'est nécessaire de faire quant à certains aspects du volet compagnonnique du site.
Suite:
« En France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suède et dans d'autres pays d'Europe, les pratiques artisanales de la charpente en bois font l'objet d'un nouvel intérêt depuis une vingtaine d'années. Des rencontres, stages et autres manifestations rassemblant les professionnels de ces pays témoignent de ce renouveau et de la réinterprétation dont elles sont l'objet.
« D’hier à aujourd’hui, les pratiques du travail à la main
« Le site Internet que le ministère de la Culture et de la Communication consacre aux charpentiers dresse le portrait d'une dizaine d'hommes et de femmes, qui, à travers des itinéraires différents (transmission familiale, compagnonnage, apprentissage, auto-formation...), partagent une passion commune : le goût des techniques anciennes et du travail à la main, ainsi que l’intérêt pour les savoirs ancestraux. Confrontant documents du passé et témoignages d'aujourd'hui, le multimédia dévoile certains aspects des compagnonnages et retrace les figures des charpentiers à travers les âges. Il reflète aussi l'originalité d'un véritable laboratoire en mouvement autour des gestes du métier. Il dresse l'image d'un patrimoine vivant et évolutif, tout à la fois matériel et immatériel.
« Le site permet de découvrir un ensemble unique d'outils à main qui faisait partie de la "caisse à clous" d'un charpentier de campagne, ainsi que la diversité et les spécificités régionales des formes d'outils en France.
« Regards sur l’Europe et la France
« Le regard attentif de l'ethnologue de la direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie François Calame s'est attaché de longue date au travail de la charpente, en étudiant les pratiques de générations d'artisans. De la France au Japon en passant par la Suède, la Roumanie, la République tchèque ou la Turquie, des films d'archives ont permis de saisir les gestes des charpentiers, depuis l'abattage des arbres jusqu'à l'assemblage et le levage des charpentes et des maisons. Ont été également recueillis des témoignages sur les savoirs, le métier et les représentations : choix des arbres, moment propice à leur coupe, art du "Trait de charpente", rituels d'achèvement des constructions etc.
« Des exemples d’architecture de bois en France sont présentés par Jannie Mayer et Rachel Touzé, conservateurs du patrimoine à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (Centre de recherche des monuments historiques – CRMH).
« Un site Internet pour tous les publics
« Avec 70 extraits vidéos, 400 documents iconographiques (photographies, enluminures, relevés…), des lexiques, schémas et animations, le site Internet constitue un reflet unique et original de ce patrimoine qui concerne les professionnels de la charpente, mais intéressera aussi tous les curieux et les chercheurs. Il réunit une documentation très largement inédite provenant de fonds publics et de plusieurs collections privées. »

Mes réserves…
Le site est très joliment réalisé et contient effectivement une importante documentation. Mais il a immédiatement suscité en moi des réserves et même, pour tout dire, un profond agacement… En effet, à regarder de près ses sources iconographiques et documentaires, son relativement important volet compagnonnique est tout entier articulé autour des seuls Compagnons charpentiers du Devoir (Association ouvrière)... et des sociétés allemandes de Compagnons charpentiers. C'est d'autant plus paradoxal que précisément, l'Association ouvrière n'entretient pas de liens avec les sociétés compagnonniques allemandes et danoises ! Car il existe depuis 1951 une Confédération des Compagnonnages Européens (la CCEG : voir son site internet en français) à laquelle adhèrent en revanche la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment (dont font partie les Compagnons charpentiers des Devoirs) et l'Union Compagnonnique des Devoirs Unis (qui possède dans ses rangs quelques Compagnons charpentiers)...

De même, à ma grande surprise, la longue liste des crédits et remerciements ne contient aucune mention ni des deux sociétés compagnonniques sus-mentionnées (alors que le Premier Conseiller de l'Association ouvrière des Compagnons du Devoir est remercié), ni du Musée du Compagnonnage de Tours (le musée du Compagnonnage par excellence !), ni du Musée du Compagnonnage de Romanèche-Thorins (l'ancienne école de Trait de Pierre-François Guillon, Compagnon charpentier du Devoir de Liberté, alors qu'une seule des photographies du site montre tout de même un « Indien », François Rastoueix), ni du charmant petit musée établi dans l'ancienne Cayenne des Indiens, rue Mabillon à Paris (alors que le Musée de l'Outil à Troyes, très lié à l'AOCDTDF, est remercié au travers deux de ses représentants)...
On touche là, une nouvelle fois, un problème crucial : l'omniprésence de l'AO sur le terrain médiatique, tandis que la FCMB et l'UC font figures si ce n'est d'éternels absents, mais du moins de cinquième et sixième roues du carrosse !
Bien évidemment, les ethnologues du Ministère de la Culture n'ont pas censuré ces deux organisations compagnonniques. Interrogé par mes soins sur cette regrettable absence de mentions, François Calame (Direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie) m'a expliqué que tout simplement, le temps et les moyens avaient manqué pour documenter davantage le site, avec plus de largeur et de profondeur. Il espère d'ailleurs obtenir de nouveaux crédits pour parachever la tâche et faire des ajustements.
On ne peut donc que souhaiter que, malgré les restrictions budgétaires du moment, ces crédits soient alloués et que ce passionnant et beau site atteigne de la sorte sa plénitude.
2 commentaires
Pour comprendre ensuite très précisément les filiations et oppositions des charpentiers Soubise ou pas, ce n'est pas facile non plus vous avouerez.
Il est justifié de réclamer au nom des autres instances. Il fallait le faire, mais, comme vous le dites, il faut d'abord saluer la création de ce site. Il est tout à votre honneur M Mathonière d'avoir si vivement et efficacement réagi.








