Recherches autour d'Antoine Simonet, dit Quercy Le Bon Accord, Compagnon Maréchal-Ferrant né en 1761.
20 Septembre 2009
Recherches autour d'Antoine Simonet, dit Quercy Le Bon Accord, Compagnon Maréchal-Ferrant né en 1761.
Publié le 20 Septembre 2009 @ 12:57:00 , contient 1889 mots
L'ami Périgord Le Vif Argent, Compagnon Ébéniste du Devoir de Liberté, nous a transmis une demande de recherches concernant une famille de maréchaux-ferrants originaires du Quercy, les Simonet.
Antoine Simonet, né à Gluges-en-Quercy (près de Martel) le 9 mai 1761, a laissé dans les archives familiales un témoignage compagnonnique tout à fait exceptionnel : son « livret d'ouvrier » en date du… 24 février 1785 ! Et portant inscrit, de la main du préposé par le Lieutenant Général de Police de Paris, son surnom « compagnonnique » : Quercy le Bon Accord !

Suite:
Si j'ai mis les termes « livret d'ouvrier » et « compagnonnique » entre guillemets et des points d'exclamation, c'est qu'ils sont quelque peu inattendus à cette date de 1785.
Le livret d'ouvrier
En effet, rappelons que selon la présentation qui en est généralement faite, le livret d'ouvrier était un document officiel mis en service par Napoléon Bonaparte en 1803, puis généralisé par Napoléon III en 1854. Les ouvriers devaient le présenter aux autorités à de multiples occasions, notamment lors des changements d'employeurs ou encore, en même temps qu'un « passeport à l'intérieur », lors de leurs déplacements de ville en ville. Ce livret comportait, d'une part, les règlements que devaient respecter les ouvriers, et, d'autre part, tout d'abord des feuillets donnant la description du porteur, son âge, son adresse, etc., puis des feuillets vierges destinés à recevoir les mentions manuscrites de changement d'employeur, lesquels devaient être visés à chaque fois par les autorités. J'ai reproduit sur le site Compagnons & Compagnonnages l'intégralité des textes de loi que comportait le livret d'ouvrier du Compagnon Étranger tailleur de pierre François Blanc, délivré en 1816 (cliquer ICI pour le consulter).
Mais Bonaparte n'avait pas du tout inventé ce livret. Il fait en réalité sa première apparition le 17 août 1781, sous la pression des communautés de métiers (c'est-à-dire, selon un terme moins exact mais davantage connu, les corporations), soucieuses comme les autorités de police de contrôler la classe de plus en plus revendicatrice et instable des compagnons (également dénommés « garçons »). C'est un petit cahier imprimé qui identifie le plus précisément possible l'ouvrier, et enregistre ses sorties et ses entrées chez ses employeurs successifs. L’ouvrier est tenu de faire viser son dernier « congé » (départ en règle de chez un maître) par l'autorité adéquate (commissaire de police, maire ou adjoint), et de faire indiquer le lieu où il propose de se rendre. Tout ouvrier qui voyage sans être muni d’un livret en règle est réputé vagabond et il peut donc être arrêté et puni comme tel. Ce livret est supprimé sous la Révolution, celle-ci ayant aboli les corporations par la loi Le Chapelier en 1791 — le livret étant géré par chacune des communautés de métiers l'ayant adopté, il n'avait donc plus dès lors raison d'être. Il est rétabli par Bonaparte en 1803 afin, selon Denis Woronoff (Histoire de l’industrie en France, Paris, Éditions du Seuil, 1994) de « domestiquer le nomadisme des ouvriers ».
C'est un semblable livret corporatif que possédait Antoine Simonet. Conforme aux dispositions d'une ordonnance de police du 16 juin 1778, il est édité par la communauté des maîtres maréchaux-ferrants éperonniers (fabricants d'éperons) de la ville et faubourgs de Paris.
J'ai retranscrit en fin d'article l'intégralité du texte règlementaire figurant dans ce livret.

La naissance du compagnonnage des maréchaux-ferrants
Autre point quelque peu étonnant, le fait qu'Antoine Simonet porte un surnom « compagnonnique » en 1785. En effet, selon le tableau de préséance des corps du Devoir établi le 18 mai 1807, c'est seulement en 1789 que les maréchaux-ferrants sont supposés avoir reçu « le Devoir »…
Il convient en réalité de relativiser la valeur historique du tableau de préséance de 1807. D'une part, on sait que celui-ci n'a pas été établi sur des documents incontestables, mais davantage sur des traditions (et de nombreux exemples illustrent combien la mémoire compagnonnique n'est pas d'une fiabilité à toute épreuve). D'autre part, en admettant même que la date de 1789 est exacte, cela ne signifie pas que c'est seulement à partir de ce moment qu'il y a eu des Compagnons maréchaux-ferrants : cela signifie simplement que c'est à partir de cette date que ceux-ci ont été reconnus comme tels par les autres corps des « enfants de Maître Jacques ». Il pouvait exister auparavant des compagnons de ce métier qui étaient organisés « à la manière » d'un compagnonnage et portaient donc des surnoms similaires. Ce ne serait pas un cas isolé.
Il faut même ajouter qu'en réalité, les recherches montrent de plus en plus nettement que le phénomène compagnonnique au XVIIIe siècle (et auparavant) est bien plus vaste et bien moins figé que ne le laissent supposer les idées reçues héritées des présentations générales du compagnonnage faites à la suite des publications d'Agricol Perdiguier au milieu du XIXe siècle. Qu'est-ce qui différencie au juste un compagnonnage, au sens où nous l'entendons aujourd'hui, d'un mouvement solidaire regroupant des compagnons d'un même métier… mais qui ne serait pas, toujours au sens où nous l'entendons aujourd'hui (mais quel est-il précisément ?), un compagnonnage ? La possession du « Devoir » ? Mais qu'est-ce donc au juste sinon un ensemble de règles de conduite ? Tout groupe s'en donne un… La possession de « secrets initiatiques » ineffables ? C'est effectivement ce que laissent généralement entendre les initiés
… C'est probablement pour ne pas avoir à trahir cette raison d'ordre supérieur que les appellations « Compagnons du Devoir » et « Compagnons du Tour de France » ont été déposées à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) par les trois principales associations compagnonniques françaises…

Mais revenons à notre Quercy Le Bon Accord, Compagnon maréchal-ferrant (du Devoir ?) en 1785. Il serait intéressant de trouver d'autres informations sur les affiliations compagnonniques de cette famille qui compte ensuite trois générations de maréchaux-ferrants, mais sans que les archives familiales permettent d'établir s'ils ont été ou non Compagnons du Devoir. Il serait également intéressant de savoir s'il existe d'autres exemples documentés de Compagnons maréchaux-ferrants d'avant 1789.
Merci donc par avance des informations que vous pourrez nous faire parvenir.

TEXTE INTÉGRAL DU LIVRET D'OUVRIER D'ANTOINE SIMONET
[page 1] [armes de la communauté des maîtres maréchaux-ferrants-éperonniers de Paris]
LIVRET,
Ou petit Registre composé de vingt-quatre feuillets, cotés & paraphés par l'un des Syndics ou Adjoints en Charge de la Communauté des Maîtres Maréchaux-Ferrants-Éperonniers de Paris, à l'usage des Garçons & Compagnons Maréchaux-Ferrants-Éperonniers, travaillants chez les Maîtres de ladite Ville & Fauxbourgs ;
Contenant leur nom, surnom, le lieu de leur naissance, leur demeure & leur signalement.
Conformément aux dispositions de l'Ordonnance de Réglement de Police, du 26 juin 1778.
Qui enjoint auxdits Garçons & Compagnons de se faire enregistrer, dans quinzaine, au Bureau [page 2]de ladite Communauté, sis rue du Jour, vis-à-vis Saint-Eustache, où le Préposé leur remettra un Livret, avec lequel ils pourront travailler dans Paris ; fait défenses à tous Maîtres, Veuves ou Agrégés de ne donner de l'ouvrage auxdits Garçons et Compagnons, qu'après s'être fait représenter ledit Livret, qu'ils doivent garder comme dépositaires jusqu'à la sortie dudit Ouvrier de chez eux, & le lui remettre lorsqu'il sortira pour aller travailler ailleurs, après avoir écrit & signé sur ledit Livret leur Certificat de conduite, & s'ils sont satisfaits ou non dudit Ouvrier, lequel sera aussi tenu, de sa part, d'aller faire sa déclaration audit Bureau lorsqu'il aura arrêté de l'Ouvrage chez un autre Maître, & ce dans les vingt-quatre heures, laquelle déclaration sera enregistrée, & mention en sera faite par le Préposé sur ledit Livret, qui sera aussi-tôt rendu audit Ouvrier, pour le remettre au Maître chez qui il entrera, qui en restera dépositaire. Ladite Ordonnance fait défense aussi à tout Garçon de ne quitter son Maître qu'après l'avoir averti quinze jours avant sa sortie, lequel avertissement le Maître sera tenu d'inscrire sur le Livret dudit Garçon, & en sa présence ; & la quinzaine expirée, le Maître écrira aussi s'il a été satisfait ou non, ou s'il a refusé de la faire.
Les Maîtres sont avertis, lorsqu'ils arrêteront [note : c'est-à-dire embaucheront] un Garçon ou Compagnon, d'écrire leur acceptation sur le Livret & de la signer, & ensuite d'envoyer ledit Garçon au Bureau pour faire sa déclaration.
[page 3] Aucun Garçon ou Compagnon ne pourra travailler chez un Maître voisin, ou dans le même quartier du Maître de chez qui il sortira de travailler, qu'après l'expiration de six mois.
Défenses sont faites aux Maîtres de débaucher les Garçons ou Compagnons des autres Maîtres, soit pour les employer chez eux ou ailleurs, à peine de 50 livres d'amende, & d'emprisonnement pour les Garçons.
Dans le cas où un Garçon ou Compagnon sans ouvrage refuseroient de travailler chez un Maître, il y sera pourvu par les Syndics & Adjoints, qui pourront les faire emprisonner.
Pourront de même, lesdits Syndics & Adjoints, faire arrêter par la Garde, emprisonner,de l'ordonnance d'un Commissaire, tous Garçons & Compagnons qui se trouveront en contravention, & ce sur les déclarations qui en seront faites par les Maîtres.
Le sieur BOURNAC, préposé par M. le Lieutenant Général de Police, délivrera tous les jours des Livrets aux Garçons & Compagnons depuis une heure après-midi jusqu'à trois. Il demeure petite rue d'Enfer en la Cité, vis-à-vis celle de la Colombe.
[page 4]Nous, Préposé par M. le Lieutenant-Général de Police pour enregistrer les Garçons & Compagnons Maréchaux-Ferrants-Éperonniers de Paris, en exécution du Réglement de Police du 26 Juin 1778, certifions que [antoine simonet] dit [quercy le bon accord] âgé de [24] ans, natif de [Gluges] Diocèse de [cahors] taille de [5] pieds [2] pouces, cheveux & sourciles [noirs] yeux [bruns ?] nez [un peu gros] bouche [mediocre] visage [oval] nous a délcaré [sortir de travailler de la profession de marechal ferrant à paris] chez M. [Girard] Maître [marechal ferrant] rue [de la tournelle] demeure [2 mots illisibles place maubert chez mad. Mattre?] & s'est fait inscrire sur le Registre desdits Garçons & Compagnons, au Bureau des Maîtres Maréchaux-Ferrants-Éperonniers de Paris, ce [24 février] 17[85].
[signature de Bournac]
[Seule la page 5 fournit une indication manuscrite d'embauche, le 9 mars 1786, chez M. Dangais, maître maréchal-ferrant, qui note que Quercy Le Bon Accord a présenté le congé de Mr. Viala, sans date — ce qui indique qu'il a eu au moins un autre employeur depuis Girard et que le règlement n'était donc pas respecté à la lettre. Les autres pages du carnet ont servi à d'autres possesseurs au cours du XIXe siècle à noter des reconnaissances de dettes et divers renseignements.]
[page 24]FIN du présent Livre d'enregistrement de Compagnons, conformément à l'énoncé étant en tête, contenant vingt-quatre feuillets.
Délivré par Messieurs les Syndics & Adjoints, ce [24 février] 17[85] & par eux signé
[signature : Brageille]
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Avec ce document une preuve de l'existence des Compagnons Maréchaux-ferrants peut-être avérée avant 1789, la date de reconnaissance de ce métier par les Compagnons Charpentiers du Devoir à Lyon. Des pistes sont ouvertes pour d'autres recherches.
Livre de fondation et de règle
des compagnons maréchaux
Les Compagnons Maréchaux ont été fondés avant la Révolution française en s'introduisant par ruse dans le Compagnonnage. Ils furent reconnus par les corporations du Devoir le 25 mai 1789 grâce à l'intervention des Compagnons passants Charpentiers en leur faveur.
Le parchemin de fondation revêtu des sceaux corporatifs est conservé en notre Cayenne de Lyon qui fut la première officiellement établie sur le tour de France.
Les forgerons taillandiers sont nos frères. Avant 1789, la société des Compagnons forgerons se composait des forgerons marteleurs préparant des lingots, les fers bruts, ensuite venaient les taillandiers, les maréchaux grossiers qui s'occupaient des pièces de charriots et voitures et les maréchaux ferrant qui appliquaient les fers aux pieds des chevaux et s'adonnaient aux pratiques de la chirurgie animale et de la médecine.
Cette dernière branche d'industrie était particulièrement puissante par le nombre, le cheval étant le seul moteur pour les transports de l'époque.
Les maréchaux pratiquaient pour la plupart la taillanderie dans les campagnes, mais ceux des grandes cités et ceux placés sur les grands réseaux routiers fréquentés par les diligences se livraient exclusivement au ferrage et aux soins du cheval.
Une Société d'ouvriers exclusivement maréchaux, portant le nom de Compagnons de la Bandoulière se distinguait de celle des taillandiers par le port d'un fer d'argent au chapeau ou sur le bras. Le Compagnonnage leur était fermé malgré tous leurs efforts pour y parvenir. Leurs adversaires étaient les forgerons qui craignaient être concurrencés dans leur recrutement et affectaient à l'égard des maréchaux une attitude de supériorité fort blessante pour ces derniers.
Quatre habiles et résolus Compagnons de la Bandoulière, également experts en taillanderie, entrèrent comme aspirants chez les Forgerons et furent reçus comme tels à Lyon. Certains occupèrent diverses fonctions et en profitèrent pour prendre copie des règles et rituels à Avignon où ils firent réception parmi leurs camarades.
Les uns remontèrent sur Lyon pour se faire reconnaître comme maréchaux et les autres continuèrent vers Marseille.
Les uns et les autres furent reconnus par les forgerons, mais quand ils déclarèrent être des maréchaux, la fureur des premiers ne connut plus de bornes. On voulut les mettre à mort.
Certains s'y opposèrent et il fut décidé de consulter la corporation. Des messagers partirent et rendes-vous fut pris à Lyon ou les Compagnons Maréchaux durent se rendre pour s'entendre statuer sur leur sort.
Un incident inespéré vint au secours des Maréchaux. Les charpentiers de Soubise, pour des motifs que les mœurs et les sévérités du régime rendaient secrets, avaient confié à un des leurs; nommé Thomas, un message qui aurait pu mettre en péril la sécurité de leur association et l'existence de certains d'entre eux.
Ce message qu'on appelait cheval, en langage conventionnel, fut perdu entre Lyon et Marseille et heureusement retrouvé par un de ces Compagnons maréchaux se rendant à Lyon. Conscient du danger et des peines que pouvaient encourir leurs auteurs, l'honnête Compagnon s’empressa, dès son arrivée à Lyon, de le remettre aux charpentiers. Ce geste fut très apprécié de ce corps d'état qui promit aux maréchaux son appui pour son accès au Compagnonnage.
Les forgerons de Lyon ne voulaient toutefois rien entendre et les plus forcenés parlaient toujours d'exterminer les maréchaux. C'est alors que les Charpentiers intervinrent.
Dans une réunion de toutes les corporations tenue chez leur Mère, Madame Roux, à l'hôtel du Mouton Couronné, faubourg de Vaise, le 25 Mai 1789, la majorité des corps présents reconnurent les maréchaux dignes de figurer dans le compagnonnage.
Le Procès-Verbal de cette réunion, rédigé sur parchemin est en notre Cayenne de Lyon, et se trouve revêtu des signatures et sceaux corporatifs. Les forgerons de Lyon avaient signé, mais les autres Cayennes les désapprouvèrent, et ce fut qu'en l'année 1864, qu'ils nous reconnurent définitivement comme leurs enfants, nous donnèrent une reconnaissance, et nous imposèrent quelques conditions, dont celle-ci : ne faire réception qu'en présence d'un représentant de leur société, porter nos couleurs à la deuxième boutonnière.
Les maréchaux ont toujours conservé une dette de reconnaissance envers les Compagnons Charpentiers et ces derniers ont, dans leur initiation respective, consacré le geste de l'honnête Compagnon Maréchal et chaque maréchal, chaque charpentier sait ou doit savoir desquels tomba : du cheval de Thomas.
L'ouverture de tous nos nouveaux travaux débute ou se termine par la reconnaissance des Charpentiers et Maréchaux, c'est une coutume historique, dont notre Société ne se départira pas.
Notre association a été l'une des plus florissantes, surtout aux époques non encore lointaines, où le cheval était le seul moyen de transport, que le rail, ni l'avion, ni l'auto ne l'avaient détrôné.
L'affaiblissement du métier dans les villes gêne notre administration, notre recrutement, notre placement. Toutefois, il ne saurait disparaître des campagnes où le cheval restera toujours employé, où le matériel rural remplit l'office du taillandier de jadis. L'industrie moderne la concurrence encore sur ce terrain par l'emploi d'outils estampés, découpés et autres machines dont il devient l'entreteneur, le réparateur et souvent le constructeur.
C'est ce dont s'est rendu compte le Congrès de 1935 en essayant de ressouder les spécialistes du marteau, qu'une trop grande prospérité porta jadis à divorcer.
LISTE DES DOUZE PREMIERS COMPAGNONS
qui fondèrent le Devoir des Maréchaux
et furent reconnus à Lyon le 25 Mai 1789
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Languedoc la Faïence, natif de Narbonne
Poitevin l'Assurance, natif de Niort
Tourangeau l'Exterminateur, natif de Loches
Languedoc la Fleur, natif de Rieux de Volvestre
Normand le Bien-aimé, natif de Falaise
Normand la Grêle, natif de Laigle
Bourguignon la Branche d'Or, natif de Daisay
Languedoc le Bien-aimé, natif de Rabastens
Dauphiné les Beaux Sourcils, natif de Valence
Bourguignon Coeur de Roi, natif d'Arnay le Duc
Rennois la Fleur d'Orange, natif de Vitray
Lyonnais la Fille, natif de Ste Colombe
Les Cayennes
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La première ville de réception ou les Maréchaux reçurent d'autres Maréchaux, fut Avignon.
La première Cayenne régulièrement constitué, fut Lyon en 1789. Vinrent ensuite Marseille, Bordeaux, Nantes et Orléans.
Orléans perdit son prestige dès la disparition des diligences, car c'était un noeud routier fort important. Ce fut Tours qui devint Cayenne à la place.
La règle du Compagnonnage fixait à cinq le nombre de Cayenne par corporation; le nombre de villes bâtardes était illimité et dans toutes les bourgades importantes, il existait des mères de passage pour un ou plusieurs corps d'état du même Devoir. Paris ne fut jamais ville Cayenne malgré les réceptions qui eurent lieu plusieurs années consécutives.
Le Devoir y fut apporté d'Orléans le 15 Novembre 1817 par les Compagnons ci-dessous :
Bourguignon l'Ile d'Amour, natif de Charey (Cote d'or)
Macconnais Va sans crainte, natif de St Sorlin (Sne & Loire)
Dauphiné la Prudence, natif de la Meure (Isère)
Bordelais le Résolu, natif de la Brède (Gironde)
Dauphiné le Bienfaisant, natif de Mottetrier de Clermon (Isère)
Limousin la Bonne Conduite, natif de Magnac (Haute-Vienne).
Fait à Paris le 15, 16 et 17 mai 1935.
Texte identique au congrès de 1922.
Sur la question de l'antériorité du compagnonnage des maréchaux par rapport à leur date de "fondation" (1789), il existe en effet divers documents qui la confirment. Ainsi, on peut citer la coutume des fers de gageure, attestée — et interdite — dès 1697. On peut aussi citer ce procès-verbal de la police de Paris, du 3 mai 1697, qui rapporte que :
« Au préjudice des ordonnances et règlements de police, les compagnons maréchaux s'assemblaient journellement dans la maison de la nommée Marguerite, femme de Jean Guyot, l'un des dits compagnons demeurant dans la place Maubert ; et lorsqu'ils ont connaissance que quelques uns des autres compagnons dudit métier ne veulent point avoir de part à cette mauvaise conduite et demeurent avec assiduité chez leurs maîtres, ils se transportent chez les dits maîtres et par menaces, intimidations et autres mauvaises voies forcent les dits compagnons bien intentionnés de se joindre à eux ; et qu'ensuite de ces assemblées et suivant les résolutions dangereuses qu'ils y prennent, ils se transportent chez les maîtres ou devant leurs boutiques, les menacent et leur font plusieurs insultes pour les engager à leur payer leurs ouvrages et journées sur tel pied que bon leur semble ; et comme cette entreprise des dits compagnons est d'une très dangereuse conséquence au public, ledit commissaire Prioult ayant appris que dimanche dernier cinq heures de relevée les dits compagnons maréchaux étaient en grand nombre chez la femme dudit Guyot, qu'ils appellent leur mère, il s'y transporta et trouva dans la dite place Maubert, au-devant de la porte de ladite Guyot, les dits compagnons au nombre de soixante, lesquels se retirèrent lorsqu'ils l'aperçurent. »
Ce document est cité par Levasseur, dans son Histoire des classes ouvrières en France, t. II, 1859, p. 318-319. Sur les fers de gageure, cf. Germain Martin : Les associations ouvrières au XVIIIe siècle, 1900, p. 153-155.
Le 12 ventose an 12 de la République Française (1804), naissance de Marie-Rose Marzials, témoin (probablement parrain) le Citoyen Jean Joseph Marzials, son oncle, garçon maréchal ferrant faisant son tour de france.








