La trompe en bois du « Vianney », le grand chef-d'œuvre des Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté
30 Octobre 2009
La trompe en bois du « Vianney », le grand chef-d'œuvre des Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté
Publié le 30 Octobre 2009 @ 07:08:09 , contient 307 mots
Jean-Pierre Bourcier m'a fait passer cette photographie d'une magnifique trompe située à la base du grand chef-d'œuvre des Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté, le « Vianney ».

Ce travail peut laisser penser que les « Indiens » avaient la maitrise de la taille des pierres et de la charpente... En fait, durant la seconde moitié du XIXe siècle, les deux sociétés rivales de Compagnons charpentiers, les Bondrilles (Devoir) et les Indiens (Devoir de Liberté), se sont plus pacifiquement affrontées qu'auparavant, au travers de grands chefs-d'œuvre afin de démontrer leurs compétences en matière de trait de charpente. Les Indiens se démarquèrent nettement sur ce plan en débordant du strict cadre du trait de charpente pour également étudier la stéréotomie des tailleurs de pierre, ces deux disciplines n'étant jamais que des applications particulières de la même connaissance : la géométrie descriptive.
Le Vianney
Je reproduis ci-dessous la notice du Vianney, telle qu'elle figure au siège de la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment.
Suite:
Chef-d'œuvre des « Indiens », il fut construit sur décision de l'Assemblée générale du 29 septembre 1887.
Le Compagnon Matrat fut invité à étudier un projet de salle unique, se rapprochant de la forme d'un véritable temple.
Le Compagnon Vianney fut chargé d'harmoniser l'ensemble d'après un style bien défini.
Ce chef-d'œuvre fut terminé à temps pour l'Exposition universelle de 1900 où il obtint la plus haute récompense.
Longtemps exposé au siège de la Société des Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté, 10 rue Mabillon, Paris VIe, il fait maintenant l'admiration de tous au côté de son ancien rival, le « Mazerolles », dans le musée des deux sociétés fusionnées.

3 commentaires

Gravure en couleur illustrant le supplément littéraire du journal Le Petit Parisien, en date du 2 décembre 1900 et montrant le défilé des Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté quittant l'Exposition Universelle de Paris où le chef-d'œuvre conçu par Viannay, dit Dauphiné l’Espérance, obtint la plus haute récompense, et retournant à leur Cayenne de la rue Mabillon.
On remarquera au passage que l'illustrateur devait disposer comme modèle d'une bonne photographie du chef-d'œuvre, mais pas des Compagnons : les cannes qu'ils arborent sont des cannes de sergents-majors ! Et leurs couleurs sont également réduites à des rubans fantaisistes (voir en comparaison la photographie ci-dessous).

Photographie de la Saint-Joseph 1937, devant la Cayenne des Indiens, rue Mabillon dans le VIe arrondissement à Paris.
Nota : le grand chef-d’œuvre des Indiens est le plus grand de tous : 5,70 m.
Il existe d'autres photos de St Joseph de cette période, sous différents angles de prise de vue.
On remarquera également que seuls les "Initiés du 3e Ordre" portent leurs couleurs, et la Mère, qui la porte en sens inverse.
Ceci dit, en 1972, lorsqu'il a fallu démonter le Mazerolle et le Viannay pour l'expo à l'hôtel de Sully, le démontage avait posé quelques problèmes, car cela faisait très longtemps qu'ils n'avaient pas été démontés et on ne savait plus trop où ni comment mais, finalement, ça s'est fait. Le problème qu'il y a eu au moment de remonter le Viannay, c'est que la hauteur sous plafond a empêché de remonter la flèche, qui fut déposée à côté.
3 grands chefs-d'oeuvre de charpente étaient exposés dans la même pièce : le Viannay, le chef-d'oeuvre des Indiens de Paris et le Mazerolle, ce dernier surélevé sur un gradin de 3 marches avec une glace, pour pouvoir admirer la voûte d'arêtes gauche et rampante qui lui sert de support, et à travers laquelle on fait passer 2 barres de bout en bout pour le transporter lors de défilés.








