Une inscription relative à saint Éloi et à Maître Jacques à Thiers (63)
6 Novembre 2009
Une inscription relative à saint Éloi et à Maître Jacques à Thiers (63)
Publié le 6 Novembre 2009 @ 07:00:00 , contient 99 mots
Monsieur Jean Beaubreuil nous a transmis cette photographie d'une intéressante inscription accompagnant une statue de saint Éloi à Thiers (Puy-de-Dôme).

L'inscription proclame : « VIVE NOTRE SEIGNEUR St ELOI QUI PROTE[GE] Me JAQUE ET SES COMPAgnon » et « VIVENT LES COMPAGNON ».
Cet œuvre semble dater du début du XIXe siècle. Il s'agit probablement d'une inscription provenant de Compagnons maréchaux ferrants ou bien, capitale de la coutellerie oblige, de Compagnons couteliers.
Qui aurait des informations ?
(Je souris car je sais d'ores et déjà qui a des choses intéressantes à nous raconter…)
3 commentaires
"Le fait que les lettres sont coupées à droite par le cadre (dont la moulure est nettement Napoléon III) montre bien qu'il s'agit là d'un remploi d'une pierre plus ancienne rapportée d'ailleurs. Selon M. Alexandre Bigay, secrétaire général de la Société des études locales et du musée de Thiers, la pierre provenait probablement de la demeure d'un maître coutelier (ou d'un atelier) et on l'avait placée là où elle est maintenant pour mettre ce carrefour sous la sauvegarde de saint Eloi lorsqu'on construisit la route impériale n° 89, sous le Second Empire."
R. Lecotté ajoute plus loin : "Dans son livre "Le Vieux Thiers" (1941), A. Bigay rapporte qu'il y avait deux fêtes de saint Eloi que les couteliers, forgerons, etc., respectaient scrupuleusement : le 25 juin, la Saint-Eloi des fraises (la sint Ailho de la mouffas), célébrée en l'église du Moutier ; et le 1er décembre, la sain-Eloi des boudins (la sint Ailho de las gogas), célébrée en l'église Saint-Genès."
R. L. signale ensuite que l'une des plus anciennes mentions (sinon la plus ancienne) du compagnonnage des couteliers figure dans la Résolution de la Sorbonne, qui condamne en 1655 leur cérémonie de réception, jugée parodique et blasphématoire. Il en donne le texte, puis y ajoute quelques éléments des différentes légendes attachées à Maître Jacques.
Cet article n'a pas suscité de remontées d'informations sur le compagnonnage des couteliers à Thiers.
Cette pierre sculptée est pourtant intéressante, car, qu'elle émane des compagnons couteliers, forgerons ou d'autres corps placés sous la protection de saint Eloi, elle atteste la présence de compagnons à Thiers, en Auvergne, région que l'on ne situe pas habituellement sur le parcours du tour de France. C'est oublier que sa géographie a varié selon les siècles et qu'avant la Révolution, le compagnonnage était implanté au-delà du cours des fleuves (Loire, Garonne, Rhône, Seine) et des côtes atlantique et méditerranéenne. Par ailleurs, il variait dans ses contours selon les métiers. Les grands centres spécialisés dans certaines industries les attiraient, car leur priorité était de trouver du travail. Les compagnons blanchers-chamoiseurs (mégissiers) étaient par exemple particulièrement représentés à Niort, Annonay, Crest, Fontaine (Grenoble), alors que ces villes s'avéraient secondaires pour les autres corps. On sait par ailleurs que les compagnons couteliers, outre Thiers, étaient organisés à Nogent-en-Bassigny et à Langres, deux centres de coutellerie importants, eux aussi situés au-delà du tour de France "classique".
Le compagnonnage des couteliers est mal connu. Des personnes pourraient-elles nous faire connaître des documents à leur sujet : archives, cannes, couleurs ?
Cette façade avait été prise en carte postale avant 1911.

J'ai toutefois eu le temps d'aller admirer cette belle inscription et d'en faire quelques autres photos. En voici une…









