Deux balcons savamment appareillés à Nantes
6 Janvier 2010
Deux balcons savamment appareillés à Nantes
Publié le 6 Janvier 2010 @ 07:00:00 , contient 206 mots
La rue de Strasbourg, à Nantes, a été percée en 1868 et construite jusqu'au début du XXe siècle. L'un des grands immeubles qui la bordent, au n° 9, à l'angle de la rue de l'Eméry, a été édifié en 1900 à l'emplacement de la chapelle des Jacobins. Il est dû à l'architecte Clément Josso, qui fut aussi l'auteur, en 1893, du musée des Beaux-Arts.
L'immeuble comporte deux balcons savamment appareillés, qui attestent une grande maîtrise de la part des tailleurs de pierre qui ont dû exécuter le projet architectural.

Suite:
Ces remarquables balcons nous semblent peu communs. Un spécialiste de la stéréotomie pourrait-il nous dire quelle est la figure ainsi formée et s'il en existe ailleurs d'autres exemples ?


Ces beaux ouvrages de stéréotomie se rencontrent jusqu'en 1914, mais de plus en plus rarement, compte tenu du prix de la pierre et de la diminution du nombre d'appareilleurs qualifiés.
A noter qu'en face, un autre immeuble (dit "immeuble Drouin"), édifié en 1913, au n° 10 de la rue de Stasbourg, comporte également une très belle voussure au-dessus de la fenêtre ouverte sur un pan coupé.

2 commentaires
Pour la "trompe" de la rue de Strasbourg, j'appellerais cela une trompe cylindrique sur le pan en tour-ronde (ovale ou elliptique) à lunette conique mais je ne suis point spécialiste.
Si vous retournez à Nantes essayez de rentrer dans l'hôtel du Fief, au 3 rue du Château, pour y voir l'escalier. Cela en vaut le détour.
« La trompe est un appareil destiné à soutenir une saillie au-dessous de laquelle un espace doit rester libre. »
« Une ouverture dans un mur quelconque prend le nom de porte à voussure si elle est recouverte par une ou plusieurs voûtes. »
Ces deux définitions tirées du traité de stéréotomie de Chaix s’appliquent à cet ouvrage nantais.
La première voûte est un berceau elliptique dont la section droite a une géométrie identique à celle de la fenêtre.
La deuxième voûte est aussi un berceau elliptique en descente.
La troisième voûte est composée de deux surfaces gauche symétriques par rapport à l’axe vertical de la fenêtre.
La première courbe directrice de cette surface est obtenue par une demie section verticale de la deuxième voûte dans un plan biais par rapport au plan de la fenêtre.
La deuxième courbe est une ellipse enroulée ou projetée sur le cylindre elliptique constituant la partie supérieure de l’édifice.
La génération de la surface est obtenue par le déplacement d’une droite qui s’appuie sur ces deux courbes tel qu’en projection frontale, ces droites passent par le point d’intersection des deux axes de l’ellipse précédente.

Cet ouvrage est très employé au XIXe siècle dans la construction d’immeubles avec différentes variations en ce qui concerne la décomposition en voûte unitaire.









