Une pierre tombale de tailleur de pierre à l'abbaye de Bon-Repos (Côtes-d'Armor)
9 Janvier 2010
Une pierre tombale de tailleur de pierre à l'abbaye de Bon-Repos (Côtes-d'Armor)
Publié le 9 Janvier 2010 @ 07:00:00 , contient 153 mots
Le Pays André Miossec m'a fait passer cette photographie d'une pierre tombale conservée à l'abbaye de Bon-Repos, dans les Côtes d'Armor.

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Découverte en morceaux dans les ruines de l'église par la personne qui a motivé la restauration de ce beau site, cette stèle a été recomposée et collée sur un support homogène. Elle semble dater du XVe ou XVIe siècle. On ne possède aucun renseignement sur la personne qui fut enterrée là. Mais les outils représentés permettent d'affirmer sans l'ombre d'un doute qu'il s'agissait d'un tailleur de pierre.
Reste cette étrange sculpture à la manière d'un moucharabieh en lieu et place de la croix — dont le socle, avec ses trois marches, reste cependant conforme à l'iconographie traditionnelle du calvaire. André Miossec fait l'hypothèse qu'il s'agit d'une forme d'arbre de Jessé. Quelqu'un connaît-il d'autres figurations comparables ?
1 commentaire
Ce type de pierre tombale de Bretagne s'apparente à celles qui ont donné lieu à un article intitulé "Pierres tombales", publié dans le Magasin pittoresque (n° 36, p. 288 et n° 46, p. 368, de 1870). L'auteur décrit cinq dalles anglaises du XIIe au XVe siècle. Elles sont ornées d'instruments se rapportant au métier du défunt.
Celle de Ayckiffe serait celle d'un forgeron (à droite) tandis que le côté gauche serait celle de son épouse car "la clef et les ciseaux sont les symboles d'une femme".

Celle de Marisk serait celle d'un religieux.

La pierre de Darlington serait celle d'une famille (l'épée, à droite, serait l'emblème du père, les ciseaux et les clefs, à gauche, ceux de la mère et le petit écusson du milieu évoquerait l'enfant).

La dalle de Papplewick comporte un couteau qui "est presque toujours l'emblème d'un écuyer tranchant ou d'une fonction analogue dans les grandes familles".

Enfin, une autre dalle, de la même cité, avec son cor, son arc et sa flèche, indiquerait la présence d'un garde forestier.

Toutes ces dalles, on l'aura remarqué, comportent une croix souvent parfois plantée sur un calvaire à trois marches, mais surtout, elles s'épanouissent comme les branches d'un arbre (surtout celles de Marisk et de Darlington). Le symbole de l'arbre revêt différentes significations, mais elles sont en général associées à la vie, l'immortalité, l'ascension. C'est pour cela qu'on rencontre assez souvent dans l'iconographie et la sculpture chrétiennes le thème de la Croix assimilée à un arbre (certaines croix de calvaires comportent d'ailleurs des saillies correspondant à des branches inférieures coupées, bien qu'elles soient aussi interprétées comme des représentations de bubons pesteux, pour signifier que le calvaire a été érigé à la suite d'une épidémie, ce qui ne m'a jamais vraiment convaincu).
Il me semble, enfin, que le feuillage de la croix de Bon-Repos rappelle les entrelacs des sculptures de chapiteaux et autres enluminures anglaises, irlandaises et scandinaves.
Ma référence au Magasin pittoresque de 1870 date un peu… Je pense que l'on pourrait trouver d'autres exemples de dalles funéraires voisines, en Bretagne et Grande-Bretagne, dans des ouvrages plus récents sur l'archéologie médiévale. Affaire à suivre, donc…








