Un drôle de casque de Compagnon charpentier
3 Février 2010
Un drôle de casque de Compagnon charpentier
Publié le 3 Février 2010 @ 07:00:00 , contient 282 mots
Avant même l'invention des règlements de sécurité, les Compagnons charpentiers portaient de drôles de casques sur les chantiers...

Plus sérieusement, voici un très bel objet qui est en vente sur le site internet de Guillaume Brouard. Il est présenté comme étant un chef-d'œuvre de Compagnon de la fin du XIXe siècle, avec des symboles compagnonniques et les lettres ISH pour « Jésus Sauveur des Hommes ».
Suite:
Précisons que l'emblème compagnonnique est celui des Compagnons charpentiers et que la présence des rosaces à six pétales ainsi que la mention ISH (en lieu et place de la formulation traditionnelle IHS) m'inclinent à penser qu'il s'agit plutôt d'un Compagnon de rite Soubise que d'une coterie de rite Salomon. Précisons également qu'il ne s'agit évidemment pas là d'un « chef-d'œuvre » de Réception, mais plutôt d'une pièce « de loisir », c'est-à-dire réalisée pour le plaisir par un Compagnon charpentier. On remarquera d'ailleurs que si l'emblème est celui des Compagnons charpentiers (équerre, compas et besaiguë), le thème relève davantage du métier de couvreur.
D'autres casques et casquettes évoquant le fameux « casque à pointe » des Prussiens ont été réalisés par des Compagnons dans la période qui a suivi le désastre de 1870. On peut également citer le casque de pompier réalisé vers 1900 par le Compagnon passant couvreur du Devoir Paul Leseurre, dit La France Va de Bon Cœur, qui est un casque tri-pointes muni d'une guitarde et qui multiplie les différents plans de couverture (voir photographie et commentaires à la page 91 de Chefs-d'œuvre de Compagnons, par Laurent Bastard).
8 commentaires

Le compagnon Troubé, dit Auguste le Poitevin, était né à Thorigné (Deux-Sèvres) en 1866 et avait été reçu à Tours, à la Sainte-Anne 1887. Il avait donc confectionné sa casquette en bois vers 1887. Quelqu'un sait-il si elle a été conservée ?

La photo est légendée ainsi :
"L'original chef-d'oeuvre d'Angevin Bon Accord (1856-1949), Compagnon passant du Devoir".
Elle illustre un article de Parisien le Courageux, compagnon charpentier, intitulé "Architecture, Beaux-Arts, Monuments historiques" consacré à un congrès d'architectes au Palais de Chaillot.
L'auteur écrit : "Mon attention est alors attirée par un petit chef-d'oeuvre de charpente, très original, placé sous vitrine et qui représente un cape de veneur, coiffure des équipages de chasse à courre. Elle porte l'indication suivante : A. Marchand, Angevin Bon Accord, Compagnon Passant Charpentier du Devoir 1856-1949. Ce dôme à calotte sur base ovale présente de nombreuses difficultés de charpente, entre autres ses ventouses représentées par deux petits œils de bœuf en pénétration et une petite lucarne guitarde au-dessus de la visière portant un comble impérial en raccord sur le dôme. A l'intérieur une calotte sphérique forme en quelque sorte la doublure de la cape et donne encore plus de valeur à ce travail remarquable par sa finesse d'exécution. J'ajouterai qu'Angevin Bon Accord était le père du Directeur Président Général actuel des Charpentiers de Paris."
Puis, le 15 février et le 15 avril 1931, le même journal consacre un petit article à ce sujet, sous le titre "Vieilles coutumes". En voici le contenu :
"Jadis les Compagnons étaient rigoureusement tenus de se coiffer du haut de forme, qu'ils portaient journellement même sur les chantiers et dans les ateliers. Certains se fabriquaient des chapeaux eux-mêmes... en bois, et se faisaient grand orgueil de se pavaner ainsi chapeautés.
"D'autres se faisaient d'élégantes casquettes, véritables chefs-d'œuvre d'assemblage à cintres. D'autres encore, remplis d'humour, se plaçaient sur le chef un pavillon carré, où ils avaient mis suffisamment de science pour qu'on n'ait pas à se moquer d'eux en les regardant.
"Tel fut la coterie Léon BERNADET, Berry l'Estimable, Compagnon Charpentier du Devoir de Liberté, beau-père de M. Mucius Prunier, attaché à la Résidence générale du Maroc, qui a bien voulu nous remettre la photographie."

Auguste Troubé dit Auguste le Poitevin était mon arrière-grand-père, et les informations que vous avez donné à son sujet sont exactes. Je n'ai malheureusement aucune des ses oeuvres, mais je sais qu'il avait fait un chef d'oeuvre décrit comme une chaire à prêcher surmontée d'une casquette de jockey faite de six essences différentes.
Cette chaire fut donnée au musée de Tours. Savez-vous si elle y est encore, et avez vous d'autres informations sur lui ?
Quelqu'un sait-il où se trouve aujourd'hui ce curieux chef-d'oeuvre en forme de bicorne de gendarme ?








