François Saunière (1888-1964), dit Carcassonne l'Ami du Courage, Compagnon boulanger du Devoir
3 Août 2010
François Saunière (1888-1964), dit Carcassonne l'Ami du Courage, Compagnon boulanger du Devoir
Publié le 3 Août 2010 @ 19:04:00 , contient 425 mots
Par un heureux hasard de circonstances, je viens de prendre connaissance des pièces compagnonniques d’un Compagnon Boulanger du Devoir : le Pays Saunière François dit Carcassonne l’Ami du Courage, né à Saint-Ferriol dans l’Aude (11)
Ces documents, établis au cours de la Réception, sont d’autant plus rares qu’en principe, selon l’usage et les principes des Compagnons Boulangers, ils sont brûlés lors des funérailles du Compagnon défunt !

Suite:
Le fait de les avoir entre les mains relève du miracle, car, en plus, ce brave Compagnon a tout perdu (canne, couleurs et souvenirs du Tour de France) lors de l’incendie de sa maison familiale tandis qu’il vendangeait.




Au vu de ces pièces, Carcassonne l’Ami du Courage a fait « un brillant » Tour de France. Il a effectué son Tour de France sans jamais revenir chez lui ! Et lorsqu’il décida de rentrer au pays, il revint en montant la cote qui conduit à son village natal en tenue de Compagnon Boulanger du Devoir, c'est-à-dire canne à la main droite et couleurs épinglées à sa poitrine à gauche ! Son retour attira tous les habitants de Saint-Ferrriol, selon les dires de Mimie, sa fille, que j’ai eu le plaisir de rencontrer et avec qui j’ai longuement conversé.
Il est décédé en 1964. Une foule imposante, dont de nombreux Compagnons venus d’Albi, l’a accompagné pour son repos éternel. Carcassonne l’Ami du Courage fut un homme apprécié de tous ceux qui l’ont approché, me disait l’un de ses voisin qui l’a fort bien connu…
Il s’était fait graver une très belle plaque de marbre blanche sur laquelle figurent son nom de Compagnon et le blason des CBDD orné de toutes les lettres rituelles ; il avait ajouté également sa photo en tenue compagnonnique. Tous ces éléments ornent sa tombe. Ainsi a-t-il voulu démontrer, sans doute, tout l’amour qu’il vouait au Compagnonnage, car il était un vrai Compagnon qui,pour rien au monde n’aurait manqué une Saint Honoré ou une Réception. Son plus grand plaisir était de recevoir ses Frères en Devoir autour d’une excellente bouteille de vin du pays. Ces rencontres se finissaient toujours par nos belles chansons…



C’est pour moi un très bel exemple compagnonnique. Devant un tel Compagnon je m’incline ! Seul mon cœur est capable d’en dire plus…
Agenais la Tolérance C.°.B.° .D.°.D.°.
3 commentaires
Merci pour ce reportage qui m'a beaucoup ému
fraternellement
valy
je suis heureux de voir ce bel hommage à Carcassonne l'ami du courage.
Je viens apporter quelques précisions et informations à son sujet...
Premièrement, Agenais nous dit à propos des documents compagnonniques qu'il présente qu'ils sont brûlés lors des funérailles du Compagnon défunt, selon l'usage et les principes des Compagnons Boulangers !
Je tiens à apporter une petite précision à ce sujet : aucun document à ce jour ne nous instruit sur le fait que les CBDD ont toujours brûlés les "Pièces compagnonniques" lors des funérailles... En effet il apparaîtrait que cette pratique a pénétré chez les CBPDD vers 1960-1970. Antérieurement, ces documents étaient très probablement aussi detruit par le feu, mais à la réunion de Cayenne suivant l'enterrement. Pratique qui a été et qui est encore utilisée par une corporation "soeur" des CBPDD, les compagnons de la "Famille du cuir".
Il semblerait que cette pratique de brûler les "Pièces compagnonniques" lors des funérailles sur la tombe du défunt ait été empruntée aux Compagnons charpentiers du devoir et des devoirs (dans la tombe, sur le cercueil).
Voici quelques petites informations sur Carcassonne l'ami du courage afin de compléter la belle presentation d'Agenais la tolérance.
Il gravit les pentes de la Sainte Baume en compagnie des compagnons boulangers Fardeau, Tourangeau le décidé de bien faire, et Pebayle Jean, Bordelais l'enfant chéri, vers les années 1960. Sa dernière participation à une Saint Honoré des CBPDD et à une réception fut en 1963 (un an avant son décès) à Bordeaux, où fut reçu Compagnon pâtissier, le Compagnon Romain, Tourangeau l'ami du tour de France.
Il se fit prendre en photo devant sa propre sépulture vers 1963, en compagnie du Compagnon boulanger Domergue, Montpellier l'estimable.
Merci Agenais pour nous avoir fait partager sur le blog de JMM cette "miette de mémoire" des compagnons boulangers du Devoir.
Picard la fidélité, Compagnon pâtissier resté fidèle au Devoir.
je viens ici apporter une petite information très particulière, au sujet de la "Pièce" de Carcassonne l'ami du courage.
En effet celle-ci possède une particularité qui mérite d'être citée : la présence d'un cachet qui ne devrait pas figurer sur ce document, celui de la cayenne de Troyes, circulaire, deuxième en haut en partant de la gauche, et figurant en son centre un cœur flamboyant.
Il faut savoir que de 1811 (date approximative de la naissance des CBDD) à 1861, les cayennes des boulangers du Devoir du tour de France utilisaient toutes des cachets totalement différents, par exemple pour la cayenne de La Rochelle c'était un cachet ovale, en son centre un voilier ; la cayenne de Lyon, un lion ayant dans l'une de ses pattes pelle et rouable ; Angoulême un soleil ; d'autres indiquaient tout simplement leur chiffre d'ouverture, etc.
Lors de la première reconnaissance des compagnons boulangers par d'autres corps du Devoir (décembre 1860), une des conditions de reconnaissance était l'unification des cachets au seins de toutes les cayennes. Il a été décidé d'adopter un cachet circulaire avec pelle et rouable, gerbe de blé, VDN pour ville de Nantes tri-pointes, VDO pour ville d'Orléans, et numéro de cayenne ; ce sont tous les cachets que nous observons sur l'ensemble des documents présentés par Agenais la tolérance (une exception a été faite pour la première cayenne, Blois, qui a gardé son premier cachet, 5eme cachet en partant de la gauche, il est ovale).
En février 1861, le compagnon boulanger Boutin, Saumur plein d'honneur est mandaté par la ville directrice des CBDD, Paris, pour visiter toutes les cayennes du tour de France, déposer les copies de la nouvelle constitution octroyée par les compagnon cordonniers du devoir, blanchers-chamoiseurs et tondeurs de draps ; vérifier les comptes des cayennes, déposer les nouveaux cachets qui auraient été tous fabriqués à Paris, puis DÉTRUIRE les anciens cachets !
Nous voyons que celui de Troyes n'a pas été détruit lors de son passage ! Et pourtant Saumur plein d'Honneur est bien passé a Troyes pour déposer la nouvelle constitution et le nouveau cachet !
Nous observons donc sur cette "Pièce" le premier cachet, en haut, en partant de la gauche, qui est celui d'après 1861, et à ses côtés, celui d'avant 1861 !
Les compagnons de la cayenne de Troyes étaient surement des conservateurs entêtés ! Auraient-t-ils prétendu la perte de ce cachet lors de la visite de Saumur plein d'honneur ? :-) pour le ressortir après son départ… Il est en tout cas très intéressant de voir 50 ans après la première reconnaissance, en 1910, ces deux cachets l'un à côté de l'autre…
Mes amitiés a tous.
Picard la fidelité
Compagnon pâtissier resté fidèle au Devoir








