La façade de l'église Saint-Nicolas de Nérac (47)
6 Août 2010
La façade de l'église Saint-Nicolas de Nérac (47)
Publié le 6 Août 2010 @ 07:00:00 , contient 111 mots
Daniel Impératori nous a fait parvenir des photos de la façade de l'église de Nérac (Lot-et-Garonne) qui attestent de la maîtrise de la coupe des pierres au XVIIIe siècle. La construction de cette église de style néo-classique a été décidée en 1755 par l'intendant Aubert de Tourny. Elle a été achevée en 1762, avec la façade dessinée par l'architecte Barreau de Chefdeville. On remarquera la précision avec lesquelles les pierres des niches sont assemblées.

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Nérac fut l'une des villes-sièges des compagnons passants tailleurs de pierre jusqu'au milieu du XIXe siècle.
5 commentaires
Vu la délicatesse de taille demandée pour réaliser ces niches, je pense surtout à celle du bas et à sa pierre en étoile, est-ce qu'on peut concevoir de réaliser ce cul-de-four à des cotes avec marge et finir une fois le tout en place, comme je l'ai vu faire à des staffeurs ? Je sens bien ce qu'il y a d'irrévérencieux envers la pureté de l'ouvrage dans ma question, mais est-ce que cela peut se rencontrer ?
Vous évoquez le ravalement : c'est-à-dire la retaille sur chantier après la pose de blocs ouvragés. Cette pratique est courante en pierre tendre (calcaire). En effet, la possibilité de ravaler en laissant de la "marge", est réalisable lorsque le matériau le permet. Dans le cas de Nérac où la pierre est ferme voire froide, il faut une préparation des plus approfondies au préalable (taille avec justesse en suivant les gabarits utiles à la taille, afin d'éviter de reprendre sur le chantier l'ouvrage).
Par ailleurs, si aujourd'hui le tailleur de pierre taille et pose, ce ne fut pas toujours le cas. Historiquement, le tailleur de pierre ne posait pas ses blocs. Ainsi, il était difficile pour le poseur ou le maçon de retailler un caillou si ce dernier présentait des erreurs. Ainsi l'appareilleur (le dessinateur) devait contrôler les différentes pierres à mettre en œuvre.
Pour les ouvrages en pierre tendre, il faut se méfier des apparences. Certains éléments de stéréotomie que l'on peut qualifier de remarquables sont réalisés à l'aide de "recettes de chantier" comme le dénonçait Frézier dans son traité sur la coupe des pierres. Grâce à la possibilité de ravaler et de retailler la pierre, on occultait le vrai savoir du "trait", en l'occurrence l'obtention des gabarits par la géométrie descriptive. Par exemple, l'usage de barres de fers dans les voûtes et autres escaliers suspendus est fréquente tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le joint, dans l'architecture classique est gage de solidité car point de contact. On reconnait la qualité et l'esthétisme d'un ouvrage de stéréotomie à ces joints. C'est le cas des niches de Nérac qui associent beauté et solidité.
Donc, si j'ai bien suivi, la pierre de Nérac, ne permet pas l'à peu près. Dans ce cas, les mortaises du demi-cylindre de base du cul-de-four ont-elles été sciées pour recevoir les quatre claveaux ou ce travail a-t'il été réalisé au ciseau, au burin ...? La taille de cette pierre m'épate, je dois dire.
Ce qui est remarquable dans cette dernière est que le trompillon est d'une forme particulière, comme le fait remarquer M. Carrik. Une inspection de l'ouvrage de façon plus approfondie devrait permettre de vérifier si des joints n'ont pas été occultés et si cela n'est pas le cas, ce travail est remarquable.








