Une trompe rue Saint-Agricol en Avignon (84)
10 Août 2010
Une trompe rue Saint-Agricol en Avignon (84)
Publié le 10 Août 2010 @ 07:00:00 , contient 62 mots
Ancienne ville-siège pour les Compagnons tailleurs de pierre, Passants comme Étrangers, Avignon recèle d'intéressants éléments de stéréotomie.
Ainsi de cette jolie trompe à l'angle de la rue Saint-Agricol et de la ruelle menant au palais du Roure, tout près de la place de l'Horloge et de l'hôtel de ville.

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En 1857, Paul Achard, dans son "Dictionnaire historique des rues et des places publiques de la ville d'Avignon", page 54, évoque cet ouvrage en y apportant d'intéressantes précisions :
"En 1787, M. de Baroncelli, marquis de Javon, acheta une surface de terrain d'environ un mètre qu'il prit sur la maison où sont aujourd'hui les ateliers de M. Petit, lithographe, et qui appartenait alors à la dame Anselme, veuve Curade. Il réunit cette surface à la voie publique "afin que sa voiture pût passer plus aisément".
La partie supérieure de cette maison fut soutenue par une trompe ou coquille, exécutée par un maçon nommé Gallet, qui fit là son chef-d'oeuvre.
De là, cette portion de rue, entre la place et l'hôtel de Baroncelli, avait pris le nom de rue de la "Coquille", qu'elle a perdu en 1843".
Un siècle plus tard, Joseph Girard dans son "Evocation du vieil Avignon", fait également mention de cette trompe :
"En 1787, "afin que sa voiture put passer plus aisément", M. de Baroncelli acheta le "coin aigu" d'une maison qu'il fit abattre dans sa partie inférieure, tandis que le haut était soutenu par "une trompe ou coquille", ce qui valut longtemps le nom de rue de la Coquille à l'actuelle rue Emile-Espérandieu".
Ce document, datant de 1808, mentionne la présence dans la loge maçonnique Les amis à l’épreuve, les dénommés Charles Gallet, 48 ans, maçon patenté, Louis Raquin, 45 ans, entrepreneur de bâtiments et Pierre Bézias, 50 ans, entrepreneur de bâtiments également, ces deux derniers étant titulaires, respectivement, des grades de Grand Élu et de Rose-Croix. Il est hautement probable que Raquin ait été un Compagnon Passant tailleur de pierre. Malheureusement, les archives des CPTDP d'Avignon, très riches, présentent d'importantes lacunes pour la période révolutionnaire et il est par conséquent difficile d'affirmer que Charles Gallet était également membre de leur société — ce qui est néanmoins probable.
À noter que la notion de « chef-d'œuvre » est à peu près inexistante chez les Compagnons tailleurs de pierre à cette époque. On peut toutefois penser que cette belle réalisation a pu valoir à son auteur l'honneur d'être reçu Compagnon.
Le document cité est particulièrement intéressant car il démontre que des artisans Compagnons ont pu être membres de la franc-maçonnerie dès une époque assez ancienne, contrairement à ce qu'affirment certaines idées reçues, tant du côté maçonnique (où il est fréquemment avancé que les ouvriers ne pouvaient pas être reçu en Maçonnerie) que du côté compagnonnique (où l'anti-maçonnisme le plus primaire conserve bien des partisans).








