Le compas et l'équerre dans l'église de Bénévent-l'Abbaye (23)
12 Octobre 2010
Le compas et l'équerre dans l'église de Bénévent-l'Abbaye (23)
Publié le 12 Octobre 2010 @ 07:00:00 , contient 374 mots
L'église abbatiale Saint-Barthélémy de Bénévent-l'Abbaye (Creuse) est considérée comme un chef-d'œuvre du roman limousin. Elle renferme un détail qui n'a pas échappé à Christophe Marty et à Olivier Dulu, qui nous ont aimablement adressé des informations et des photographies du vitrail qui se trouve dans le choeur, juste derrière le maître-autel. Il comporte un blason orné d'un compas entrecroisé avec une équerre, surmonté du nom de l'architecte (PAULUS ABADIE) qui restaura le monument en 1873.

Il s'agit de Paul ABADIE fils (Paris 1812 - Chatou 1884). Il fut célèbre au XIXe siècle, pour avoir fait édifier de nombreux monuments civils et religieux à Angoulême, Toulouse, Bordeaux, etc. Nommé architecte diocésain en 1849 pour les diocèses de Périgueux, Angoulême et Cahors, puis, en 1872, inspecteur général des édifices diocésains, en 1874, architecte diocésain de Paris en remplacement de Viollet-le-Duc, élu membre de l'Académie d'architecture en 1875, Paul Abadie est l'auteur du Sacré-Cœur construit sur la butte Montmartre pour expier les crimes de la Commune de Paris.
Le blason de l'abbatiale de Bénévent-l'Abbaye surprend quelque peu en ce lieu. Emblème maçonnique ? Abadie n'est pas connu comme franc-maçon et sa carrière d'architecte diocésain rend très douteuse son appartenance à une loge maçonnique, en un temps où les relations entre l'Église et la Franc-maçonnerie étaient très tendues. Comme l'écrit justement Christophe Marty : « J'imagine que si les prêtres desservant de l'époque avaient eu le moindre soupçon, ils n'auraient pas hésité une seule seconde à supprimer le blason du vitrail ».
Emblème compagnonnique ? C'est tout aussi improbable, cet architecte n'étant pas issu d'une famille de compagnons tailleurs de pierre et n'étant pas lui-même compagnon. Il faut donc en conclure qu'il s'agit là d'un blason qui ne vise à rien d'autre qu'illustrer la profession d'architecte, symbolisée par les deux instruments qui expriment son art : le compas et l'équerre. Ce blason est, certes, aussi celui des compagnons et des francs-maçons mais cet exemple illustre bien la grande prudence dont il s'entourer lorsqu'il s'agit de rattacher cet emblème à telle ou telle association.
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Il a laissé de nombreux vitraux dans les églises parisiennes (Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Merri, Saint-Séverin, Saint-Thomas d'Aquin, etc.), dans la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, dans celle de Nîmes, l'église des réformés de Marseille, etc.








