Un nouveau livre de Laurent Bastard : Images des Compagnons du Tour de France
17 Octobre 2010
Un nouveau livre de Laurent Bastard : Images des Compagnons du Tour de France
Publié le 17 Octobre 2010 @ 07:00:00 , contient 360 mots
Ami et collaborateur régulier de ce site, Laurent Bastard, chargé de la conservation du musée du Compagnonnage de Tours, vient de publier un nouveau livre sur le Compagnonnage.

En attendant un compte rendu détaillé, voici la présentation qu'en fait l'éditeur, Jean-Cyrille Godefroy :
Suite:
« C’est au cours du XIXe siècle que le compagnonnage subit de profondes transformations. Issu de l’Ancien Régime. Il s’efforce tant bien que mal de perpétuer des usages, des rites, des symboles ou un vocabulaire au sein d’un monde ouvrier qui les rejette et qui subit la révolution industrielle. Les compagnons font alors imprimer leurs chansons, leurs idées et leurs Mémoires. Ils découvrent aussi le pouvoir de l’image. Dés le début du XIXe siècle, ils acquièrent de belles compositions à l’aquarelle auprès de peintres spécialisés. Ces souvenirs orneront leur foyer quand ils auront achevé leur tour de France. A ces images quelque peu stéréotypées succèdent les lithographies. Des idées et des représentations nouvelles se diffusent alors partout en France. Des modèles s’imposent, parfois jusqu’à nos jours. Une singulière alchimie de symboles issus des vieilles traditions des Devoirs, du christianisme social, mais aussi de sources très hétérogènes et insolites, reflète les grands courants du Compagnonnage de cette époque : la fascination pour l’ésotérisme, la franc-maçonnerie comme modèle, l’attrait pour les légendes, mais aussi la mutualité, la réconciliation des Devoirs, la recherche d’une identité corporative. L’imagination des compagnons éditeurs de lithographies se conjugue avec des emprunts de toutes sortes pour constituer un genre à part. C’est à ce monde méconnu que Laurent Bastard nous introduit en présentant une quinzaine d’images superbes issues de différents corps de métiers (boulangers, charpentiers, bourreliers, tisseurs…) ou de courants de pensée particuliers (l’ésotérisme, la fraternité, la Sainte-Baume, les trois fondateurs, l’union des corps d’états…). »
Un livre de 288 pages, format 16,5 x 24,5 cm, un cahier couleurs, nombreuses illustrations.
Prix : 28 €
7 commentaires
Il est des jours, ou de bonnes nouvelles vous attendent au pied du lit !
La parution d'un nouveau livre écrit par Laurent Bastard en est une pour moi, mais aussi, je n'en doute pas, pour tous les Compagnons de tous les Devoirs confondus !
A l'heure d'Internet, où l'information circule à une rapidité incroyable, un beau livre, au contenu sérieux, bien rédigé, livrant même des informations oubliées, un ouvrage bien illustré, voilà un beau cadeau à s'offrir !
Rien que la présentation qu'en fait l'éditeur, m'émoustille. Aussi je passe commande aujourd'hui même.
Merci Monsieur Bastard de mettre vos sérieuses compétences au service des Compagnons, mais aussi de tous ceux qui s'intéressent à la belle histoire du Compagnonnage qui a façonné l'univers du monde ouvrier français !
Agenais la Tolérance
C.°.B.°.D.°.D.°.
1) La hache est une "hache à équarrir".
2) Le niveau à plomb est en fait un "niveau de maçon" (cf. son utilisation comme symbole en FM).
3) La scie à débiter (?) s'appelle une "scie de taille".
4) La règle graduée est une "jauge", qui fait 35 cm de long, 3 cm de large, et sert a tracer tenons et mortaises, après avoir "ligné les bois". La ligne ainsi battue sert de trait d'axe à tous les assemblages; c'est pour cette raison que la jauge en comporte un. Elle est d'ailleurs en permanence dans la poche du "largeot" avec ses complices inséparables, double-mètre et crayon, la "Trinité" du charpentier, en quelque sorte.
5) La rainette/baille-voie ne sert pas à "redresser" les dents de scie, mais au contraire à donner de la voie aux scies, quand elles en ont perdu après plusieurs affûtages.
6) Le plomb est un "plomb à piquer".
7) Le cordeau est un "cordeau à battre les épures", enroulé sur son "virolet".
Tout ce vocabulaire traditionnelcharpentier est normalement connu de tous (c'était le cas quand j'étais sur le Tour en 72), mais ça a peut-être changé aujourd'hui.
Je me suis référé (entre autres) à l'Encyclopédie Diderot (2e moitié du XVIIIe siècle) et à A. L. CORDEAU : Charpente en bois et menuiserie ; Paris, Librairie centrale des Beaux-Arts (vers 1900). A plus d'un siècle d'écart, ces deux ouvrages donnent les mêmes noms aux outils.
La hache n'est désignée que sous ce nom. Cordeau lui donne 0,48 m à 0,55 m de longueur, manche compris. Elle diffère de la cognée "qui sert aux charpentiers à équarrir les bois" et qui est plus longue que la hache de charpentier.
Le niveau est décrit ainsi par Cordeau : "Les niveaux en bois sont en général des planchettes en chêne ou en charme, assemblées en forme de triangle rectangle ou de rectangle, et pourvues d'un fil à plomb, qui doit concorder avec une "ligne de foi" tracée sur l'instrument lorsque la ligne de base de celui-ci est bien horizontale ; ils sont absolument identiques aux niveaux de maçon."
La scie est bien une "scie à débiter". C'est le terme usité dans l'Encyclopédie. Cordeau distingue pour sa part la "scie de travers ou de charpentier" et la "scie à débiter". Celle-ci "est analogue à la scie de travers ou de charpentier ; mais elle n'a que 0,80 m à 0,85 m de longueur" alors que l'autre a 1,15 m à 1,60 m de longueur sur 0,95 m à 1,10 m de largeur. C'est celle-ci qui m'a semblé être représentée sur l'image de "Dauphiné". Le terme "scie de taille" n'est pas mentionné ; il est peut-être apparu au cours du XXe siècle ou localement.
La jauge est en effet "une petite réglette en bois dur de 0,33 m de longueur (un pied), qui est divisée d'un côté en centimètres et de l'autre en pouces ; les charpentiers emploient en effet très souvent encore ces anciennes mesures." (Cordeau). L'Encyclopédie l'appelle "règle de poche".
Effectivement, la reinette ne sert pas exactement à "redresser" mais à donner de la voie ou "avoyer" les scies. Elle est en fait composée de deux instruments dont la fonction est distincte : si l'extrémité du manche, circulaire et à crans sert de "baille-voie", l'autre est recourbée et tranchante, et elle permet de tracer les marques de charpente ou autres sur les bois.
Le plomb est désigné sous ce seul nom dans l'Encyclopédie. Cordeau précise : "Le fil à plomb peut avoir la même forme que celui du maçon, mais le plus souvent les charpentiers emploient un fil à plomb en fonte ou en cuivre composé d'un disque aplati portant trois évidements et percé en son centre d'un trou dans lequel passe le fouet."
Le cordeau n'est désigné que sous ce nom dans l'Encyclopédie et par Cordeau (le bien nommé !) ; il sert en effet à battre les épures et est enroulé sur son virolet.
Le vocabulaire technique est d'une grande richesse mais, comme le souligne A. Malthete, il est peut-être amené à évoluer ou disparaître avec la transformation du métier et sa semi-mécanisation. Une partie des termes mentionnés dans l'Encyclopédie ne serait probablement plus compris par les jeunes charpentiers d'aujourd'hui.
Il serait intéressant de savoir quels termes emploie Fourneau (je ne l'ai pas sous la main).
Pour rire un peu, chez les compagnons charpentiers, on a l'habitude d'appeler un litre de rouge "la jauge" ou "un boulon de 33", sans doute un vieux reste de l'époque où la jauge mesurait un pied, 33 cm, car une bouteille d'un litre mesure effectivement 33 cm de haut. Pour rester dans le folklore de la même référence, La coiffe bigoudène actuelle mesure également 33 cm de hauteur; question : pourquoi 33 cm ? Réponse : pour planquer les litres de rouge.
"A tes crocs, mon frérot !"
Avec mes remerciements
Si Jean Bégué était bien un compagnon menuisier, il a dû être reçu avant son mariage, donc avant 1835, et, à cause de cette ancienneté, il est très rare de retrouver mention d'un compagnon dans les archives des sociétés actuelles, dont beaucoup ont été détruites.
Enfin, à quelle société de compagnons menuisiers appartenait-il ? Aux menuisiers du Devoir ou du Devoir de Liberté ? Voire à l'une de ces petites sociétés d'aspirants plus ou moins éphémères ?
En conclusion, je crains qu'il ne soit très difficile, sinon impossible, de retrouver une trace de ce compagnon, bien qu'il reste un petit espoir de le trouver mentionner dans la presse compagnonnique qui commence en 1880. S'il a conservé une activité compagnonnique en tant qu'"ancien", il a pu adhérer à la Fédération compagnonnique de tous les Devoirs réunis et avoir fait l'objet d'une notice nécrologique. Mais une telle recherche est longue et ses résultats aléatoires...
que ca fait du bien de lire de la bonne histoire de compagnon eeuuh de nos anciens
bien fraternellement
C. BOISSARIE
CPPSSDDBDTFCLA








