Les Compagnons boulangers du Devoir ou « Chiens blancs »
14 Novembre 2010
Les Compagnons boulangers du Devoir ou « Chiens blancs »
Publié le 14 Novembre 2010 @ 07:00:00 , contient 2637 mots
Lorsqu’on évoque le compagnonnage, on pense généralement aux charpentiers, tailleurs de pierre, menuisiers, couvreurs, plus rarement aux maréchaux-ferrants ou aux charrons, mais presque jamais aux boulangers. Et pourtant, c’est là un compagnonnage qui connût ses heures de gloire et qui reste, aujourd’hui encore, très présent sur le tour de France.
Comme c’est le cas pour tous les compagnonnages, l’histoire ancienne des Compagnons boulangers est lacunaire, tissée de légendes et d’incertitudes. Si les actuels Compagnons boulangers du Devoir sont les héritiers directs d’une société fondée en 1810-1811, il existait alors déjà, depuis au moins un siècle, des ouvriers boulangers faisant leur tour de France, choisissant des auberges dans les grandes villes où ils travaillaient et nommant l’hôtelière leur « Mère », se plaçant chez les patrons par l’intermédiaire d’un des leurs et non par celui de la corporation (tenue par les maîtres), pratiquant « l’interdit de boutique » pour sanctionner les mauvais employeurs, bref, autant de pratiques qui sont caractéristiques des compagnonnages sous l’Ancien Régime. Il est même attesté, durant la première décennie du XIXe siècle, que, déjà, ils portent des surnoms, pratiquent des rites de Réception avec serment et secret, arborent des « couleurs » (les rubans emblématiques caractérisant chacune des sociétés compagnonniques).

Gravure parue dans le journal L'Illustration à la fin du XIXe siècle
Au demeurant, on peut remonter bien plus avant en direction du Moyen Âge et se demander si le riche corpus de traditions dont témoigne le folklore de la profession n’est pas comme l’indice d’une âme foncièrement compagnonnique. Il est même permis, si l’on entend confondre plus ou moins compagnonnage et spiritualité du métier, d’envisager une tradition compagnonnique qui remonterait jusqu’à l’Antiquité la plus lointaine, sachant que le pain a toujours été porteur de sacralité et que, précisément, l’étymologie de « compagnon » signifie « ceux qui partagent le même pain »…
Suite:
Cependant, même si on doit admettre qu’à l’origine – incertaine et controversée – des compagnonnages, il y a une part non négligeable de sacralité du métier, même si on doit également admettre aujourd’hui, contrairement à une idée reçue, que compagnonnage et communauté de métier (la corporation, pour reprendre un terme tardif) ne sont pas systématiquement antinomiques, l’un pouvant se fondre dans l’autre jusqu’à ne pouvoir en être discerné, l’histoire doit s’écrire avant tout sur des bases documentaires fiables et, en l’occurrence, discriminatoires, car c’est seulement en se séparant plus ou moins de la corporation que le compagnonnage acquiert une personnalité à part entière. Nous en resterons donc ici, prudemment, aux Compagnons boulangers du Devoir.
Histoires de familles compliquées…
Au demeurant, comme il est souligné par Laurent Bastard, chargé de la conservation du musée du Compagnonnage (Tours), peut-on considérer que ces ouvriers boulangers d’avant 1811 constituaient déjà un compagnonnage ? Si on se place du point de vue de la police de l’époque et de l’historien, cela ne fait aucun doute puisqu’ils possèdent tous les caractères objectifs qui définissent un compagnonnage. Mais si on se place du point de vue des autres sociétés compagnonniques contemporaines, du moins de la majorité de celles-ci, la réponse est non, sans appel. Ces ouvriers boulangers ne sont pas des Compagnons car ils n’appartiennent pas au « Devoir », n’ayant pas été fondés de longue date par Maître Jacques ou le Père Soubise – les deux fondateurs plus ou moins légendaires de celui-ci –, ou n’ayant pas été régulièrement constitués et reconnus comme tels par les sociétés se reconnaissant mutuellement appartenir à cette filiation.
En effet, la tradition initiatique que véhiculent ces sociétés n’est pas, nonobstant les variantes propres à chacune, déterminante à elle seule de leur caractère compagnonnique. Probablement l’a-t-elle été à la fin du Moyen Âge, mais, depuis le début du XVIIIe siècle, un processus de fédération et de régulation des compagnonnages s’est mis en place qui définit des règles d’affiliation et de hiérarchie très strictes entre les « enfants » de Maître Jacques et du Père Soubise. Ne sont exclues du « tableau de préséance » ainsi constitué, en 1807, que les sociétés se revendiquant de Salomon en personne, mais ces sociétés elles-mêmes obéissent à des règles strictes de filiation et, malgré les divergences qui les opposent violemment aux sociétés du Devoir, elles sont implicitement reconnues comme compagnonniques par ces dernières.
C’est dans ce contexte formaliste qu’un événement survient qui, brisant ces règles, sera un véritable cataclysme pour l’histoire des compagnonnages au XIXe siècle, provoquant un grand nombre de ces fameuses rixes entre Compagnons dont la littérature, puis la télévision, se sont emparées pour en faire la trame de récits hauts en couleur (mais souvent fort éloignés de la réalité).
Vengeance, trahison ou occasion ?
Les circonstances particulières par lesquelles les boulangers eurent connaissance du mystérieux « Devoir » des Compagnons ont été relatées en 1859 par l’un des leurs, J. B. E. Arnaud dit « Libourne le Décidé », dans ses Mémoires d’un Compagnon du tour de France, un livre qui, s’il est bien moins connu que les Mémoires d’un Compagnon d’Agricol Perdiguier (Avignonnais la Vertu, Compagnon menuisier du Devoir de Liberté), publiées en 1854-1855 et régulièrement rééditées depuis, n’en offre pas moins, lui aussi, un remarquable et très vivant témoignage de la vie compagnonnique durant la première moitié du XIXe siècle.
En 1809, à Blois, un vieux Compagnon doleur dit « Nivernais Frappe-D’abord » venait souvent rendre visite à des boulangers chez leur « Mère ». Il avait sympathisé avec eux et leur chantait avec chaleur les mystères de son Devoir, et ces derniers l’interrogeaient souvent sur la raison pour laquelle ils ne pouvaient être admis dans celui-ci. Un jour du mois de mars 1810, un homme pâle et décharné pénétra dans l’auberge et demanda à parler à l’un de ces boulangers, Pierre Martel. C’était le Compagnon doleur, méconnaissable. Il conta à Martel comment, étant tombé gravement malade, il n’avait reçu aucun secours de sa société, comme il était de règle, et pas même la visite d’un de ses « frères » à l’hôpital. Décidé à se venger, il communiqua donc aux boulangers, qui, eux, l’avaient toujours bien accueilli, les secrets du Devoir, c’est-à-dire l’ensemble des traditions, des symboles, des rites, etc. des Compagnons. Il baptisa Pierre Martel, nivernais comme lui, du même surnom terrible que celui qu’il portait, puis, certain que la vengeance des Compagnons doleurs le pourchasserait sans relâche pour lui faire payer de sa vie cette trahison, il s’embarqua pour l’Amérique.
Fort de posséder ces secrets, et après les avoir bien mémorisés et testés, les boulangers se présentèrent comme étant des Compagnons doleurs dans une réunion de ces derniers, puis mirent brutalement le masque à bas, proclamant fièrement qu’ils étaient en réalité des Compagnons boulangers « du Devoir », « enfants de Maître Jacques » comme eux. On imagine la confusion qui s’en suivit.

Gravure parue dans le journal L'Illustration à la fin du XIXe siècle
Ce récit est à prendre avec prudence en ce qui concerne les détails exacts de la manière dont les boulangers prirent connaissance du Devoir des doleurs. Dans cette version même, il est des indices qui laissent à croire que le vieux Compagnon doleur n’a peut-être pas livré ces secrets sans subir auparavant des violences. Il est également possible que les boulangers aient fait main basse, par hasard ou à la suite d’une rixe, sur un rituel manuscrit. Dans tous les cas, c’est bien à Blois en 1810-1811 que se place la naissance officielle de leur Devoir.
Cinquante ans de luttes acharnées
Cette auto-proclamation entraîne immédiatement une levée de boucliers des sociétés compagnonniques appartenant aux enfants de Maître Jacques : non seulement, cette filiation résulte d’une trahison et elle est donc inacceptable, mais qui plus est, elles estiment que cette profession est, dans tous les cas, indigne d’appartenir au Devoir. Car le savoir-faire du boulanger est jugé insignifiant au regard de celui des métiers compagnonniques, tout particulièrement celui des métiers fondateurs, ceux de l’art de bâtir. D’ailleurs, les boulangers n’emploient pas l’équerre et le compas, dont l’entrelacement forme la base essentielle du blason du Devoir, chaque profession se caractérisant ensuite par l’adjonction d’outils ou de productions participant plus ou moins de la mise en œuvre de cette connaissance primordiale qu’est la géométrie (le « trait » pour reprendre le nom qui lui est donné par les Compagnons).
Une chose est sûre, c’est que ce rattachement formel au Devoir devait être perçu comme essentiel aux yeux des ouvriers boulangers puisque, dès 1811, depuis la ville de Blois où ils avaient établi leur première « cayenne » (siège), leur société compagnonnique connaît une formidable expansion dans toute la France. Et ce désir d’appartenance est assez fort pour surmonter les cinquante années de luttes acharnées qui s’en suivirent, où ils furent victimes de la haine féroce que leur vouaient la plupart des autres sociétés. Les archives judiciaires regorgent de procès-verbaux relatant les violences commises envers les « soi-disant Compagnons » boulangers par les Compagnons charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, etc. Le sang coule fréquemment au cours des rencontres occasionnelles sur les routes du tour de France ou des « conduites » (accompagnement des partants à la sortie de la ville). On les affuble des sobriquets de « soi-disant de la raclette » ou de « chiens blancs » – ils revendiquent d’ailleurs ce dernier avec fierté (le chien est l’emblème du Compagnon du Devoir, à cause de sa fidélité à son maître). Seules les sociétés du Devoir de Liberté, qui ne se sentent pas concernées par ce litige au sein de la mouvance rivale, et, au sein même du Devoir, les sociétés des cordonniers, des sabotiers et des tisseurs – sociétés qui sont elles-mêmes plus ou moins « irrégulières » – les laissent tranquilles. À l’occasion, elles les soutiennent et vice-versa.

Gravure parue dans le journal L'Illustration à la fin du XIXe siècle
C’est seulement le 9 décembre 1860 que quelques sociétés du Devoir (tondeurs de drap, blanchers-chamoiseurs et cordonniers-bottiers) finissent par les reconnaître comme « enfants de Maître Jacques », « fondés par eux-mêmes » – formule inhabituelle qui laisse transparaître la « tache » originelle. Deux ans plus tard, ils sont suivis par les Compagnons chapeliers et les doleurs, puis, jusqu’à la fin du XIXe siècle, par plusieurs autres corps compagnonniques. Aujourd’hui, si les Compagnons boulangers du Devoir ne sont plus contestés, il n’en demeure pas moins que, simple oubli ou rancune tenace, ils ne sont toujours pas rituellement reconnus par toutes les sociétés du Devoir.
Comme tous les groupes persécutés, les Compagnons boulangers du Devoir forment l’une des sociétés parmi les plus fermement attachées aux traditions du compagnonnage. Leur étude est d’autant plus intéressante pour l’historien qu’ayant dû, pour donner du poids à leur revendication, se constituer un patrimoine compagnonnique n’ayant rien à envier à celui des autres sociétés, ils ont rassemblé durant les années 1810-1840 quantité de traditions (légendes, symboles, rites et coutumes) dont, souvent, le souvenir n’est plus aussi précis dans les corporations auxquelles ils les ont empruntées, cette période correspondant à une mutation profonde dans les mentalités ouvrières.
La Mère Jacob
On ne saurait clore ce bref aperçu sans évoquer aussi la « Mère Jacob », véritable sainte au regard des Compagnons boulangers du Devoir. Née en 1796 à Neuillé-le-Lierre (37), Jeanne Deshayes épouse en 1819 François Jacob, originaire de Chigné (49) et employé à l’hôtel du Croissant à Tours, où elle-même travaille comme cuisinière depuis 1815. Peu de temps après, les époux s’installent dans une auberge rue de la Serpe, à Tours. Entre juillet et novembre 1820, les Compagnons boulangers de Tours, en litige avec l’aubergiste leur ayant jusqu’alors servi de « Père », demandent à madame Jacob d’être leur nouvelle « Mère ». Elle le restera jusqu’à sa mort, en 1863.
Si être la Mère ou le Père des Compagnons de tel ou tel corps assurait à l’auberge un chiffre d’affaires régulier et certain – les Compagnons s’engageaient par contrat à régler les dettes que pouvaient éventuellement laisser les « brûleurs » –, être la Mère des Compagnons boulangers n’avait alors rien d’une sinécure. Dans le contexte de luttes que nous avons évoqué, c’était risquer en permanence de voir son établissement saccagé par les Compagnons des sociétés adverses, et, en conséquence ou en prévision de tels actes, faire face aux perquisitions de police et autres tracasseries d’une administration soucieuse d’éradiquer ces fauteurs de troubles qu’étaient les compagnonnages. La Mère Jacob s’attela cependant à la tâche avec une foi et une ardeur sans faille, malgré dix naissances en 16 ans, et une suite cruelle de deuils : sept de ses enfants décéderont de son vivant, ainsi que son mari, en 1846. Mère des Compagnons, elle le fut au point que, les chérissant réellement comme ses propres enfants, ceux-ci la chérirent véritablement comme leur propre mère. Les portraits qu’en dressent ceux qui l’ont connue, comme « Libourne le Décidé », sont éloquents, comme baignés de lumière virginale. À peine plus d’un mois après ses obsèques, les Compagnons boulangers de Tours lancèrent une souscription sur le tour de France afin de lui élever un monument, qui existe toujours et qui, chaque année, continue de recevoir les témoignages d’affection de ses « enfants » et de tous les Compagnons en général.

Gravure parue dans le journal L'Illustration à la fin du XIXe siècle
Sources à consulter :
– Collectif, Les Compagnons Boulangers & Pâtissiers présentent l’histoire compagnonnique de leur Corps d’État, Paris, Collège des Métiers de l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir, 1979.
– J. B. E. Arnaud, Mémoires d’un Compagnon du tour de France, Librairie Giraud, Rochefort, 1859.
– Laurent Bastard, « Madame Jacob, Mère des Compagnons boulangers du Devoir de la Ville de Tours », in Fragments d’histoire du Compagnonnage, volume 2, éd. Musée du Compagnonnage, Tours, 2000.

Remerciements à Martine Houze, expert en arts & traditions populaires, objets de curiosité & de collections, pour l'aimable autorisation de reproduire dans cet article sa photographie de couleurs de Compagnon boulanger du Devoir.
11 commentaires
Cet article, que je connais pour l'avoir lu et relu dans la revue Nos Ancêtres, vie et métiers (juillet/août 2003)présente une analyse très sérieuse de l'entrée des Compagnons Boulangers du Devoir dans le Compagnonnage.
Avec prudence et objectivité, Jean Michel Mathonière remet en cause la version officielle, selon laquelle nous nous sommes introduits dans l'univers compagnonnique ;bien que la version officielle toujours enseigné depuis près de 200 ans, je doute fortement de sa réalité, donc je partage l'avis de l'auteur sans équivoque !
La version officielle est selon moi "arrangée"pour la rendre acceptable auprès des générations descendantes.
J'ai beaucoup travaillé avec le Compagnon Georges Papineau, Blois l'Ami du Travail, à l'élaboration du livre Les Compagnons Boulangers et Pâtissiers du Devoir présentent l'Histoire Compagnonnique de leur Corps d'Etat ; hélas j'ai commis l'imprudence de ne pas aborder ce sujet avec lui ;il était intellectuellement très honnête, et il m'aurait, sans aucun doute, fait partager sa version.
Pourquoi je doute ? Officiellement Bavarois Beau Désir serait parti de Bordeaux, en bateau, pour l'Amérique, d'autres disent qu'il ne se présenta pas au départ, et que l'on n'entendit plus jamais parler de lui, une autre version affirme qu'il serait parti de Rouen...
Comment aurait été gagné le Devoir ? A cause d'une non assistance suite à une longue maladie; mais un vieux catéchisme compagnonnique, que je possède, parle d'une beuverie qui aurait mal tourné et aurait débouché sur le don( où le vol) de pièce capitale concernant la réception...
Je me garderai d'apporter une conclusion définitive, mais permettez-moi d'abonder dans le sens, tel que nous présente J.-M. Mathonière.
L'histoire des Compagnons Boulangers est longue, parfois compliquée, parsemée de heurts mais elle reste tout de même très belle… et elle a surtout donnée un réel sens à la vie de bien nombreux hommes !
Bien cordialement.
Agenais la Tolérance
C.°.B.°.D.°.D.°.
Tres bonne presentation de notre Ami JM Mathonniere, mais je viens ici apporter une toute petite precision, au sujet des rixes et de ces nombreux coups de cannes recu par les compagnons boulangers(mais aussi des nombreux qu'ils ont donnes :-)) .Les rixes n'ont pas seulement oppose les corps composants la branche compagnonnique du Devoir, aux compagnons boulangers; il existait un autre compagnonnage, celui des "Societaires Boulangers", qui fut une societe concurente direct des compagnons, et les archives departementales regorgent de rapport de police a ce sujet. Ces societaires etaient dit "Les rendurcis", portaient cannes et couleurs, port de boucles d'oreilles, surnoms compagnonniques, pratique de reception, Mere,conduites, ect...Ces societaires boulangers sont d'ailleurs surement a l'origine des compagnons boulangers (scission), ce qui expliquerait la rapidite d'expension des compagnons boulangers entre 1810.1811-1825.
Pour ce qui est de la naissance des compagnons boulangers, en effet beaucoup de version existent.. par contre celle que Agenais la tolerance nous presente la (ivrognerie)n'est absolument pas courante .Je dirais meme qu'elle apporte une nouvelle pierre a l'edifice que nous construisons tous ensemble.
Il serais tres interressant que notre Ami Agenais la tolerance, nous communique sur "notre" blog, l'integralite de ce texte qu'il possede, cela afin de servir les recherches de tous les passionnes que nous sommes.
Merci et mes amities a tous
Picard la fidelite Compagnon Patissier reste fidele au Devoir
Je ne manquerai pas de te transmettre les références de mon document (et éventuellement la copie) ; mais hélas, les journées n'ont que 24 heures ! Ce n'est pas suffisant pour un retraité actif ! Mais promis…
En plus, j'ai un livre depuis 3 jours qui prends tout mon temps libre… Il est signé Laurent Bastard ! Je te le recommande ainsi qu'à tous les Compagnons ! A consommer sans modération !
Bien Frt.°.
Agenais la Tolérance
C.°.B.°.D.°.D.°.
Juste une petite information, le siège des Compagnons Boulangers du Devoir représenté dans cet article est celui tenu au 8 rue du Roule, par le Pays Virard Stephane, Berry coeur fidèle, reçu à Tours à l'Assomption 1877. Il fut père des CBDD de la cayenne de Paris d'août 1889 au 9 juillet 1892. Il fut aussi l'un des deux délégués (avec le compagnon Gloire Louis, Dupuy la fermeté) de la cayenne de Paris au congrès de Blois en 1895, congrès qui décida de la rupture avec l'Union Compagnonnique.
Mes amitiés a tous et meilleurs voeux pour cette nouvelle année, nouvelle année qui va marquer le bicentenaire de la naissance des Compagnons Boulangers du Devoir !
Picard la fidélité
Compagnon Pâtissier resté fidèle au Devoir
je m'excuse auprès de vous, j'ai oublié un minime commentaire. C'est à propos de la représentation du siège des CBDD et de la Mère dans cet article : la reproduction de ces deux éléments a été réalisée lors d'une Saint Honoré.
Pourquoi faire une telle affirmation ? Cela est très simple : nous pouvons observer la Mère revêtue de sa couleur, mais aussi d'un bouquet de fleurs sur le coeur, usage en pratique chez les CBDD à l'époque (d'autres corporations avaient aussi cette pratique lors de leurs fêtes patronales) ; puis nous pouvons observer sur la façade du siège, au centre de la pelle et du rouable, blason des CBDD, un bouquet de fleurs accroché. Ce bouquet de fleur correspond au rite qui existe encore de nos jours, lors de la Saint Honoré, qui se nomme "la pose du bouquet". Ce rite est dans la lignée du fleurissage des boutiques, aussi pratiqué par différentes corporations au 19ème siècle. La "pose du bouquet" est de nos jours la seule et unique pratique qui a réussi à traverser deux siècles, la dernière "survivante" de l'ensemble des fleurissages de boutique.
Mes amitiés a tous.
Picard la fidélité
Compagnon Pâtissier resté fidèle au Devoir
En espérant ne pas choquer les administrateurs de ce site, je profite de votre tribune pour signaler que j'ai en ma possession un exemplaire du livre évoqué dans le premier commentaire "Les Compagnons Boulangers et Pâtissiers du Devoir présentent l'Histoire Compagnonnique de leur Corps d'Etat", en parfait état. Comme je préfère toujours vendre aux acheteurs les plus "légitimes", je le signale ici... Me contacter si l'un d'entre vous est intéressé.
Bravo pour le boulot en tout cas, je suis un passionné du compagnonnage...
Pierre PERIER né au Vignonet (33)surnommé Jules, reçu en 1875.
Pourriez-vous m'aider à "déchiffrer" le texte.
JPPDDLLRCBDDRATPN 1875
autour de la pelle et du rouable: E.D.M.J.
AVEC MES REMERCIEMENTS LES PLUS CORDIAUX
Je viens ici essayer de vous éclairer à ce sujet.
Pour les lettres JPPDDLLRCBDDRATPN 1875, voila ce que je vous propose :
Jules Pierre Perier Devoirant Dit Libourne La Résistance Compagnon Boulanger Du Devoir Recu A Troyes Pour Noel 1875.
Je ne peut être affirmatif à 100 % pour le Devoirant. Il se peut que ce soit un deuxième nom de famille… Mais pour le reste, c'est du 100 % certain.
Pour ce qui est de l'abréviation EDMJ : Enfant De Maitre Jacques.
Vous ayant rendu service dans vos recherches, serait-il possible d'avoir une photo de cette canne et de sa pomme ? Avez-vous d'autres objets ou documents compagnonniques concernant ce compagnon ? une photo de lui ? ou simplement sa date exacte de naissance ?
Pour information, Libourne la Résistance a fait un "petit" tour de France : Troyes où il a été reçu Compagnon, et Paris.
J'espère Monsieur vous avoir satisfait.
Salutations les plus respectueuses
Picard la fidélité
Compagnon Pâtissier Resté Fidèle au Devoir
La transcription de ces lettres n'appartient qu'aux compagnons. Comme leur sens est généralement révélé lors de la réception, il fait partie intégrante de cette cérémonie et ne peut être connu que si l'on devient soi-même compagnon. Ce n'est pas un secret, c'est simplement l'expression de la partie privée des compagnonnages. Respectons-la, à une époque où tout est dit, écrit, déformé, incompris au nom d'une "transparence" qui n'aboutit qu'à un pseudo-savoir.
Ceci dit, certaines de ces devises en lettres sont connues depuis des lustres, tandis que d'autres demeurent plus ou moins cachées.
Les quatre lettres des compagnons passants charpentiers, couvreurs et plâtriers (U.V.G.T.) ont été transcrites depuis longtemps dans nombre de publications, généralement extérieures aux compagnons. Cependant, l'Association ouvrière des compagnons du Devoir n'a pas hésité à en donner le sens dans une publication récente destinée au grand public, en laissant cependant planer un doute sur l'une des lettres...
Ce qui est plus amusant, ce sont les fausses transcriptions imaginées par les compagnons eux-mêmes pour clore le bec des indiscrets.
Les lettres D.P.L.D. des charrons (et d'autres corps du Devoir au XIXe siècle) ont ainsi été transcrites en : Dans Paris L'on Danse.
Les lettres des Soubises charpentiers, couvreurs et plâtriers sont aujourd'hui souvent données pour : Union des Vieilles Gamelles Trouées ! ce qui laisse pour le moins dubitatif celui à qui est destinée cette "révélation"...
François Icher, dans son Dictionnaire du Compagnonnage (1992) donne pour sa part des "propositions qui n'engagent que leurs auteurs :(...) Union des Vrais Géomètres du Trait ou bien encore Union des Vrais Gnostiques du Temple".
Plus intéressantes et fines sont les transcriptions émanant d'un compagnon passant charpentier célèbre au XIXe siècle par ses écrits sur le trait et ses oeuvres littéraires : Pierre-Marie EYERRE, "Parisien le Divertissant". Ce compagnon, reçu en 1819 et mort en 1865, est notamment l'auteur d'un long poème intitulé "Légende du Compagnonnage des charpentiers du Devoir, par un vieux gâcheur troubadour" (Paris, 1861), consultable sur Gallica.
On y trouve trois transcriptions intelligentes, destinées, certes, à égarer le profane, mais qui constituent cependant des réponses satisfaisantes et honorables :
- UBIVIS VIRTUS GUBERNET TUUM : En quelque lieu que tu sois, que la vertu te guide.
- UNIS, VOUS GRANDIREZ TOUJOURS
- UTILISEZ VOS GLORIEUX TRAVAUX.
Et pour en revenir aux compagnons boulangers, voici une lecture de leurs lettres qui énonce une vérité : Les Jeunes Boulangers Savent Faire le Pain en Voyageant...
Amitiés a tous
Picard la fidélité
Compagnon pâtissier resté fidèle au Devoir








