Le 12e volume des Fragments d'histoire du Compagnonnage est paru !
13 Décembre 2010
Le 12e volume des Fragments d'histoire du Compagnonnage est paru !
Publié le 13 Décembre 2010 @ 15:53:17 , contient 1031 mots

Ce volume renferme le texte des conférences données au musée du Compagnonnage en 2009. En voici le contenu.
Suite:
La grotte de la Sainte-Baume, en Provence, non loin de Saint-Maximin, est censée avoir été le lieu de pénitence de Marie Madeleine après la mort du Christ, selon la tradition provençale. C’est aussi le lieu où aurait été assassiné Maître Jacques, l’un des deux fondateurs légendaires des compagnons du Devoir. Les compagnons y venaient acquérir des rubans particuliers, dits « couleurs de Sainte-Baume » et un pèlerinage s’est créé à la grotte, pour honorer Marie Madeleine, « patronne des compagnons du Devoir ». Aujourd’hui encore, le passage à la Sainte-Baume est une étape spirituelle importante. Mais depuis quand et pourquoi ce « pèlerinage » a-t-il été institué ? L. Bastard développe l’hypothèse selon laquelle ce « pèlerinage » compagnonnique n’en était pas un à l’origine, la sainte n’étant pas l’objet principal du passage des Devoirants. Et il était plus récent qu’on ne le pense, ne remontant qu’à la Restauration, après l’Empire. Ce que les compagnons venaient chercher à Saint-Maximin, chez un compagnon charron, c’était ces fameuses couleurs, lesquelles ont été fabriquées à partir d’un rouleau servant à imprimer des rubans religieux destinés aux pèlerins chrétiens avant la Révolution. Les rubans ont été détournés de leur fonction première pour devenir « compagnonniques » et satisfaire la recherche d’identité des « vrais » compagnons du Devoir après deux décennies de bouleversements révolutionnaires. L’hypothèse, pour surprenante qu’elle soit, n’enlève rien à la dimension spirituelle du passage à la Sainte-Baume, qui demeure un lieu où souffle l’Esprit.
« Portillon, un quartier industriel de Tours au XIXe siècle », par Anne-Pauline SEBILLE.
Ce quartier, situé en bordure de Loire, sur le coteau de Saint-Cyr-sur-Loire, a concentré plusieurs entreprises industrielles dès le début du XIXe siècle. Ce sont d’abord des fours à chaux et des tuileries qui sont implantés, puis une importante fabrique de céruse, élément essentiel mais toxique (à cause du plomb) des peintures blanches. L’entreprise, pourtant, ne ménage pas ses efforts pour assurer la surveillance sanitaire de ses ouvriers. Une fonderie s’établit ensuite dans le périmètre du coteau et connaît un bel essor, en diffusant notamment des articles de jardinerie et surtout des articles funéraires (croix, portes de caveaux). Une éphémère fabrique de moutarde vient également s’implanter dans la zone. Cette concentration d’entreprises entraîne des nuisances (fumées, bruit, pollution du sol par les sels de plomb) mais aussi des aménagements ferroviaires et portuaires. Une banlieue ouvrière voit le jour. Après la Grande Guerre, toutes ces entreprises disparaissent, et la dernière (une fonderie d’aluminium) a fermé ses portes en 2010.
« Auguste Tamoré (1864-1945), tailleur de pierre et entrepreneur à Joué-lès-Tours : de la coupe des pierres au béton armé », par Laurent BASTARD et Jean-Pierre BOURCIER.
Auguste Tamoré est un inconnu de l ‘Histoire qui a pourtant modifié insensiblement le paysage urbain de la commune de Joué-lès-Tours durant les trente premières années du XXe siècle. Né à Esvres, le jeune Tamoré accomplit son apprentissage à Tours et suit les cours de « coupe des pierres » à l’école des Beaux-Arts en 1882-1883. Puis il part à Bordeaux et à Montpellier, où, sous la conduite de compagnons tailleurs de pierre, il continue à perfectionner ses connaissances en stéréotomie, de 1883 à 1884. Rentré à Tours, il suit encore des cours jusqu’en 1892. Ses dix ans d’études lui permettront, une fois établi à Joué, de construire des maisons d’habitation et des locaux techniques aussi bien que des châteaux.
Les archives de son entreprise, les 120 épures de stéréotomie, plusieurs maquettes en plâtre, ont été données au musée par les nouveaux propriétaires de sa maison. A partir de ce fonds exceptionnel, L. Bastard établit la biographie de cet artisan très qualifié tandis que Jean-Pierre Bourcier analyse chacune des épures conservées, pour en conclure que toutes procèdent de l’enseignement de Jean-Paul Douliot et de son Traité de coupe des pierres (1825). Il établit également une comparaison entre le trait classique et la géométrie descriptive définie par Monge, en montrant que leur finalité est différente.
« Victor Auclair (1866-1928), compagnon charpentier du Devoir de Liberté et architecte au Chili », par Laurence DEBOWSKI et Francine PERRIN.
Victor Auclair, né à Commentry (Allier), en 1866, apprend le métier de son père, un compagnon charpentier du Devoir de Liberté. Puis il suit les cours renommés de l’école de trait du « père » Guillon, à Romanèche-Thorins. Il est ensuite reçu compagnon à Lyon, à la Saint-Joseph 1884, sous le nom de « Bourbonnais l’Enfant du Génie ». Mais il poursuit des études à Paris et en sort architecte. L’étranger le tente et il part pour le Chili en 1907. Il y restera près de vingt ans, trouvant dans ce pays constamment menacé par les tremblements de terre, un champ d’expériences pour les constructions anti-sismiques en béton armé. Sa renommée lui permettra très vite de bâtir de grands édifices à Santiago, dont beaucoup sont encore présents : une église, l’immeuble d’un journal, une bibliothèque, des tribunes de stade, des hangars pour l’aviation… Il fit preuve d’inventivité technique et de création esthétique. Rentré en France en 1924, il s’établit à Hossegor (Landes) où il décède prématurément le 19 mars 1928, le jour-même de la Saint-Joseph, patron des charpentiers…
« Histoire et traditions des compagnons sabotiers », par Jean PHILIPPON.
Le compagnonnage des sabotiers est né en 1809, dans des conditions qui furent jugées « irrégulières » par les autres sociétés du Devoir. Sans doute résulte-t-il d’indiscrétions commises par des compagnons passants charpentiers. Toujours est-il que les sabotiers étofferont leurs rites et leurs symboles avec d’autres éléments puisés à diverses sources, dont une partie à la franc-maçonnerie et l’autre aux compagnons vanniers, ces derniers ayant accepté de les reconnaître comme leurs « enfants » en 1849. Les autres corporations suivirent et ils continuèrent à se développer. Ayant presque tous intégré l’Union Compagnonnique après 1889, les sabotiers pensaient y trouver les moyens de développer leur activité. Malheureusement, ils furent victimes de l’apparition, durant l’entre-deux-guerres, de la mécanisation du métier puis de la botte en caoutchouc. Les uns après les autres, les compagnons sabotiers se sont éteints jusqu’aux toutes premières années du XXIe siècle. Ils ont cependant laissé des chefs-d’œuvre extraordinaires qu’on ne se lasse pas d’admirer…
Un volume grand format (21 x 30 cm), de 204 pages illustrées en N et B. Prix : 22 €.
Disponible au musée du Compagnonnage ou par correspondance : télécharger le bon de commande.
6 commentaires
Si toutes les conférences sont du plus grand intérêt, je me permettrai toutefois, pour une fois, d'en faire ressortir une encore plus que les autres : celle que Laurent Bastard a consacré aux couleurs dites « de la Sainte-Baume ». Une nouvelle fois, il décape les idées reçues et nous fait partager ses découvertes et interrogations. Et une nouvelle fois, l'histoire obscure et complexe des compagnonnages s'en trouve considérablement éclairée.
Je me disais : mais que fait donc Jean-Michel Mathonière ? Habituellement les volumes de "Fragments d'histoire du Compagnonnage" sortent en début du dernier trimestre… Mon petit doigt reste silencieux…
C'est évidement avec beaucoup joie et satisfaction que je vais acquérir ce nouveau numéro ! Tant les précédents m'ont appris tellement de choses et m'ont aidé à comprendre beaucoup mieux le sens des légendes, en particulier celle de Maître Jacques (précédent volume, dont j'ai beaucoup de mal à accepter les conclusions, mais le bon sens et la logique de Jean-Michel me donnent la certitude que sa version est sérieuse et cohérente).
Laurent Bastard décape l'histoire des couleurs de la Sainte Baume ? Je n'en suis pas étonné ! Il a tellement bien décapé la chanson "Le roi et le Compagnon". Son dernier livre n'est fait que de ça, sans que l'on puisse trouver un détail pour le contredire ! L'évidence de ses arguments est dans chaque phrase.
Peut-être que mes commentaires semblent appropriés en la circonstance… peut-être que je me répète avec les mêmes mots… mais une chose est certaine, j'écris comme je le sens, avec ma sincérité et en toute honnêteté ! Car Jean-Michel Mathonière et Laurent Bastard m'apportent des éclaircissements dans l'histoire du Compagnonnage. Le Compagnonnage est pour moi ma seconde religion, il a fait de moi l'homme que je suis. Aujourd'hui, alors que je suis volontairement coupé de toutes activités compagnonniques, les précieux outils qu'ils nous mettent entre les mains compensent largement ce que je ne vivrais désormais jamais plus.
Bravo et merci Messieurs pour l'oeuvre que vous accomplissez avec amour et que vous savez si bien partager !
Bien cordialement.
Agenais la Tolérance
C.°.B.°.D.°.D.°.
Messieurs les censeurs... bonjour !!! A ceux qui douteraient, sachez qu'Agenais est incorruptible !
... Un jour qui se lève, commençant avec le sourire, c'est la certitude qu'il sera bon et agréable.
Excellente journée à tous !
Agenais la Tolérance
C.°.B.°.D.°.D.°.
Agenais a raison : c'est génial ce que vous faites pour le compagnonnage !
je crois que je vais me faire un petit cadeau pour mon Noël !
Cordialement
Pays valy








