Les oculi dissemblables du château de Grignan (26)
20 Janvier 2011
Les oculi dissemblables du château de Grignan (26)
Publié le 20 Janvier 2011 @ 07:00:00 , contient 151 mots
De l'une des rues qui bordent les murailles du château de Grignan (Drôme), on peut remarquer deux oculi ovales dont les pierres sont posées sur des joints très fins. Ils ont probablement été réalisés au XVIIe siècle.


Ces ouvertures sont de mêmes dimensions mais les pierres qui les entourent sont bizarrement taillées. La symétrie est à peu près respectée pour l'un, entre les trois pierres situées au-dessus et en dessous de l'axe horizontal. En revanche, les pierres du second oculus, en partie haute, ne présentent pas la même forme. Celle de droite, surtout, ne paraît pas à sa place. Est-ce un remploi ? S'agit-il d'une erreur d'appareillage ? Etait-ce justifié par un souci d'économie, en employant une pierre en excédant et sans la retailler ?
Des modèles figurent-ils dans les traités de coupe des pierres des XVIIe-XVIIIe siècles ?
L'avis d'un tailleur de pierre ou d'un spécialiste en stéréotomie serait le bienvenu.
3 commentaires
Sur celle d’en haut, la plus propre au point de vue découpe, on voit clairement que le schéma est celui d’une plate-bande classique, à savoir une simple clef bloquée entre deux sommiers – schéma qui se répète inversé pour faire la base.
Encore que… sur les deux sommiers, il semble bien que les joints de coupe soient paralléles entre eux, et orthogonaux avec le joint de lit… Bref, plus simplement, que l’on soit partis d’un bête bloc parallélépipédique retaillé pour former partie de l’ovale et le joint horizontal sur le grand axe de l’ellipse.
Après, nos maitres « tailleurs » de pierre ont tout ajusté pour boucher les vides… et la lecture est encore compliquée par les deux cabochons qui ferment visiblement des trous de boulins (carrés) dans les coins des sommiers supérieurs.
En bas, le patchwork est encore plus flou ! Et confirme que l’on est en présence de blocs taillés au petit bonheur et raccordés tant bien que mal au parement.
En définitive, reste seulement à mettre en évidence, en effet, la parfaite finesse des joints, qui sont tous d’une minceur à faire pâlir de jalousie un top-model… nouvelle preuve que, dans nos contrées méridionales, il s’est opéré une savante alchimie entre la qualité des beaux calcaires et l’habileté des compagnons, ce qui a souvent donné des choses très intéressantes !
Cordialement
Alain
payer la pierre tu récupère celle-ci en faisant le trou dans le mur. Cela pourrait expliquer les petits modules et les angles droits en "extrados". Ce serait intéressant de voir comment à été traité l'intérieur.
Puis en y regardant de plus près on remarque plusieurs choses :
Le trait des oculus est bien identique, bien divisé en miroir (sur le premier), l’altération de la pierre inférieure droite du premier donne l’impression d’un déséquilibre, mais en regardant de près on voit l’effet miroir des 2 côtés.
Les oculus ont été taillés suivant un appareil bien tracé ! mais le fait de les insérer dans un appareil non adapté, et d’avoir choisi de faire des extrados en chape donne l’impression d’un énorme désordre ! L’effet flèche inversée sur les cotés n’est pas heureux du tout non plus… cela peut être dû au fait que les pierres ont été taillée dans du pré-scié cubique, et que par souci d’économie, elles n’ont pas été extradossées.
Et pour couronner le tout… sur le n°2 la pierre supérieure droite a été taillée à l’envers, puis par souci d’économie posée quand même. Ce n’est pas un défaut du poseur car l’intrados est correcte !
A mon avis les oculus ont été posés en même temps que la façade, la pierre est strictement identique, le traitement des joints idem. Le trait en a été décidé sans tenir compte de l’appareil général de la façade, ce qui pose un problème de lecture. Et chcrgneugneu… Ce foutu lapin à posé son panneau à l’envers sur le bloc etc. etc. C’est un raté !
Si les joints avaient été filants sur l’axe horizontal et aux pointes des voussoirs I/1 I/3 II/1 et II/3, c’eut été d’un très bel effet… Pas besoin de cabochon ! (je ne parle pas des réservations aux angles supérieurs…)
Pour la finesse des joints, pas de secrets : le Saint-Restitut ou assimilé se taille très bien et est très fin à cette époque, il n’est pas trop ferreux non plus dans les bancs du XVIIe. Les faces de joints peuvent aussi être taillées légèrement concave pour n’avoir à régler la planéité de la taille que sur les ciselures. Les faces de joints verticaux, eux, peuvent être traités en sifflets fermés vers l'extérieur, vieille ruse de l'époque. Quoi que ! Je pense que ce chantier a été taillé à l'égoïne…
Très cordialement
Jean
Nota : j’ai utilisé le pluriel « oculus », car je me suis fait engueuler par mon vieux prof de latin grec, qui m’a certifié que l’on ne devait pas conjuguer façon latin avec oculi au pluriel. Moi j’aimais bien…








