À Pézenas (Hérault), un chef d'œuvre de Compagnon tailleur de pierre détruit !
4 Mars 2011
À Pézenas (Hérault), un chef d'œuvre de Compagnon tailleur de pierre détruit !
Publié le 4 Mars 2011 @ 14:11:00 , contient 2077 mots
Ajout du 22 mars 2010 : Je viens d'avoir Frédéric Degenève au téléphone. La récupération de quelques morceaux de son chef-d'œuvre est confirmée. Pour lui, l'affaire est donc close. Il remercie tous ceux qui l'ont soutenu, et tout particulièrement Madame Edith Fabre, la courageuse adjointe au maire de Pézenas… [voir la suite en commentaire final]
Ajout du 18 mars 2011 : VICTOIRE ! Monsieur le Maire de Pézenas s'est enfin engagé publiquement, devant la caméra de FR3 Languedoc-Roussillon, à faire fouiller la décharge de Saint-Thibéry pour y retrouver au moins un fragment du chef-d'œuvre de La Rigueur de Sète et faire en sorte que des funérailles pierreuses puissent être organisées. Merci à tous pour votre soutien et vos nombreux messages.
Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir le journal télévisé du 14 mars avec l'interview de Madame Edith Fabre, la courageuse adjointe au Maire chargée du Patrimoine, qui n'a pas lâché prise et n'a eu de cesse de dénoncer ce scandale, et celle de Monsieur le Maire, campé devant un autre chef-d'œuvre de Compagnon tailleur de pierre (celui de "La Patience de Pézenas", voir en fin d'article).
Nota : le reportage est annoncé en Une du JT, mais démarre seulement vers 14'30" après.
http://www.pluzz.fr/jt-19-20-languedoc-roussillon-2011-03-14-19h00.html
Nous vous tiendrons bien évidemment au courant des suites de cette incroyable affaire.
Il n'est pas dans les habitudes de ce site de polémiquer (si ce n'est à l'encontre des faussaires et des experts incompétents ;-) mais il m'a semblé en l'occurrence intolérable que les services municipaux de Pézenas ne puissent avouer, directement et simplement, ce qui est arrivé et ce qu'ils ont fait des morceaux. Nous appellons donc à ce que toute la lumière soit faite sur ce « malheureux accident » (dixit les élus) et à ce que les honneurs pierreux puissent être rendus à cette pierre assassinée.
Merci donc à nos lecteurs de « faire le buzz » autour de cette affaire ! Un lien en fin d'article vous permettra si vous le souhaitez de manifester votre indignation auprès de la mairie de Pézenas.
Le coutelier Daniel Renault m'a alerté il y a quelques jours sur le fait que les services techniques de la ville de Pézenas (34) avaient semble-t-il « perdu » la trace d'un chef-d'œuvre de Compagnon Passant tailleur de pierre (de l'Association ouvrière) qui avait été offert par ce dernier à sa cité d'origine et qui ornait jusqu'il y a peu un des ronds-points du centre-ville.

Laissons le soin à son auteur, le Coterie Frédéric Degenève, originaire de Pézenas et aujourd'hui appareilleur à la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame à Strasbourg, de présenter sa pièce (cette présentation est extraite d'un courrier datant de l'époque où la pièce a été offerte à la Ville) :
Suite:
Huit ans de travail de la pierre, de voyage en passant par nos belles villes de Rodez, Angers, Mirepoix, Toulouse, Paris, Strasbourg, Tours, m’ont permis de découvrir et d’acquérir le savoir-faire de différentes régions. Ce long voyage n’a pas toujours été facile, et comprend une remise en question tant sur le plan humain que professionnel, c’est un long apprentissage de la vie. En fin du tour de France, l’aspirant compagnon doit accomplir une pièce exceptionnelle en trait et en taille pour devenir compagnon. Elle est le reflet de la maîtrise de son métier.
J’ai voulu allier complexité et symbolisme en intégrant la croix languedocienne de mes origines, sur un motif inspiré de la cathédrale de Strasbourg pour la finesse du tracé, et une pierre de Touraine pour le voyage. Ce travail achevé, je me suis installé à Strasbourg au service du bureau d’études de l’Œuvre Notre-Dame, fondation qui a construit et qui restaure encore de nos jours la cathédrale.

Frédéric Degenève devant sa pièce de Réception de Compagnon, D.R.
Une telle « perte » est inadmissible. J'ai envoyé un courriel mercredi à la mairie de Pézenas afin de témoigner de mon indignation et leur proposer de s'expliquer avant la publication de cet article… Voici la première réponse donnée par la directrice de la Communication de la Ville de Pézenas, jeudi en début d'après-midi :
« Votre message a été transmis aux élus concernés et une réponse va vous être faite sur ce qui est un accident et non « une disparition voire une destruction » de la croix réalisée par un compagnon tailleur de pierre.
Cette malheureuse affaire donnant une fausse image de l’intérêt que la Ville et ses élus portent depuis des années au travail des artisans, créateurs et compagnons, vous trouverez pour information [en pièce jointe] un article de Midi Libre de cette semaine :
Par l’intermédiaire de son Maire, la Ville de Pézenas a accueilli M. le Préfet de la Région Languedoc Roussillon, Messieurs les Sous-Préfets de Béziers et Lodève, au sein de l’Entreprise du Patrimoine Vivant de Serge Ivorra, pour la présentation du Plan de mobilisation en faveur de l’Emploi et pour saluer le travail réalisé par les jeunes en apprentissage, notamment Geoffrey qui se présente demain pour devenir compagnon. »
Un « accident », pourquoi pas ? Mais il serait plus simple de dire immédiatement en quoi consiste cet « accident » (un camion l'aurait-il percuté et mis en pièces ?), au lieu de botter en touche en annonçant une réponse à venir des élus et de chercher à noyer le poisson en brandissant une action (de l'État via le corps préfectoral, et non de la mairie !) en faveur de l'emploi des jeunes et des chômeurs de longue durée, dont la communication sur le plan local s'est concrétisée par la visite de plusieurs sous-préfets dans l'entreprise d'ébénisterie du Pays Serge Ivorra (Compagnon du Devoir de Liberté)…
C'est bien, et je sais justement combien la belle cité de Pézenas s'intéresse aux métiers d'art, mais cette première réponse ne répondait aucunement à la question de savoir ce qu'est devenu le chef-d'œuvre de Frédéric Degenève ! Au chef-d'œuvre disparu d'un Compagnon tailleur de pierre, j'ai pour ma part le sentiment d'une réponse qui est un bel exercice de langue de bois ! J'ai donc pour ma part répondu ceci :
« […] pour ce qui concerne le chef-d'œuvre disparu, je ne comprends pas très bien pourquoi vous ne pouvez pas m'éclairer directement et simplement sur cet "accident" qui ne serait donc pas, selon vous, une "disparition" voire une "destruction".
Je vais donc reformuler mes interrogations, de manière à ce que vous puissiez m'apporter des réponses sans équivoque :
Ce chef-d'œuvre a-t-il oui ou non disparu ? A-t-il été détruit ? Si oui, ces disparition et/ou destruction sont-elles accidentelles ? Quelle est la nature de cet accident ? »
Jeudi en début de soirée, j'ai reçu un nouveau message m'indiquant qu'il s'agissait bien d'un « malheureux accident » (mais la nature de celui-ci n'est toujours pas indiquée…) et que la Ville avait présenté des excuses officielles à Frédéric Degenève (j'ai demandé à ce dernier de me confirmer la chose et de me donner son point de vue sur l'affaire, mais je n'ai pas encore reçu sa réponse). Une réponse officielle des élus était annoncée pour ce vendredi matin, la voici in-extenso :
« Le chef d’œuvre de M. De Genève, une magnifique Croix du Languedoc, a été placé en entrée de ville après sa présentation, Place des Etats du Languedoc, en raison de l’homothétie des noms et pour une meilleure visibilité des automobilistes et piétons.
A l’époque, par l’intermédiaire de Mme Ginette Michel, Adjointe aux finances et amie de la famille De Genève, la Ville de Pézenas a financé l’achat de la pierre et le transport de l’œuvre.
Voulant mettre en valeur cette œuvre, la Ville a certainement choisi un emplacement inadéquat à l’époque et un lieu comme le parc sans souci aurait sûrement constitué un écrin moins vu mais mieux protégé.
La place des Etats du Languedoc a complètement été restaurée en 2008, lors de la réhabilitation de l’Hôtel de Peyrat qui accueille désormais l’Office de Tourisme et le Scénovision Molière, selon un schéma validé par l’architecte en chef des bâtiments de France. La Croix a alors été déplacée et stockée aux Ateliers municipaux en attendant d’être intégrée à un projet complémentaire d’aménagement.
Pour information complémentaire, une fontaine est également stockée en attente d’aménagement du parvis de l’Hôtel de Peyrat.
En septembre dernier, lors d’une opération de rangement et nettoyage des Ateliers municipaux, la Croix du Languedoc est accidentellement tombée et s’est brisée en différents morceaux, accident malheureux ne permettant pas sa restauration.
La Ville de Pézenas a présenté ses excuses à M. De Genève oralement et par écrit.
Cet accident est fort regrettable mais il l’est encore plus dans la mesure où il passe sous silence le soutien fort que la Ville, par ses choix politiques et ses engagements, apporte au compagnonnage, aux artisans et aux créateurs. Dans ce domaine la Ville de Pézenas a été un modèle pour les autres collectivités. »
Notons tout d'abord qu'il semble bien qu'ayant financé à l'époque l'achat de la pierre et le transport de l'œuvre, et cette dernière lui ayant été offerte, la Ville s'en estime en quelque sorte la complète propriétaire et libre d'en user comme il lui en plaira. C'est faire peu de cas du droit moral du créateur… J'y reviendrai.
Notons ensuite que l'on avoue (enfin !) que cette œuvre a été détruite et en quelles circonstances (on aurait toutefois apprécié avoir un peu plus de détails). Accidentelles. Pourquoi ne pas l'avoir simplement dit, depuis le début.
Comment une œuvre d'un tel volume, poids (de mémoire environ 800 kg !), a-t-elle pu accidentellement tomber et se briser en plusieurs morceaux ? N'était-elle pas soigneusement entreposée, sur une palette avec des protections ?
Il est par ailleurs totalement inacceptable de constater que cet « accident » n'a pas été tout d'abord signalé à Frédéric Degenève avant que de prendre la décision, sans aucune compétence technique, que la pièce était irréparable et, par conséquent, devait « disparaître » ! Les recollages, greffes de pierre et autres restaurations, ça existe et c'est d'ailleurs le savoir-faire que met en œuvre jour après jour depuis plusieurs siècles l'atelier des tailleurs de pierre de l'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg au sein duquel travaille ce Coterie ! Pourquoi diantre ne pas lui avoir aussitôt téléphoné pour voir si c'était réparable ? Pourquoi fichtre avoir cherché à cacher cet « accident » ? La mairie n'est-elle pas assurée pour couvrir les frais de restauration ? Le responsable de cette gabegie bénéficie-t-il de protections particulières ?
Des dizaines de questions qui mettent mal à l'aise peuvent se poser dès lors que l'on ne sait même pas où a été dissimulé, jetté à la décharge le résultat de cet « assassinat ». Par exemple, le chef d'œuvre ne pourrait-il pas avoir été volé et ce vol, commis par un « initié », dissimulé en « malheureux accident » ?
Frédéric Degenève a accepté les excuses de la ville mais a demandé où avaient été enterrés les morceaux de son chef-d'œuvre. Pourquoi n'a-t-il toujours pas obtenu de réponse ?
Cette même question, en mon nom personnel et au nom de nombreux Compagnons, je la pose à nouveau à la Ville de Pézenas : où sont enterrés les fragments du chef-d'œuvre de La Rigueur de Sète ?
Il est souhaité, conformément à la tradition multiséculaire des Compagnons tailleurs de pierre de Strasbourg, de pouvoir enterrer selon les rites ce « Bernhardt », cette pierre mutilée et lui rendre les honneurs. La Ville de Pézenas, fière de son soutien aux artisans d'art et au Compagnonnage, accèdera-t-elle à cette demande légitime ? Aura-t-elle un geste fort de compensation, si tant est que l'on puisse compenser un tel morceau de la vie d'un homme ?
En attendant une réponse qui ne soit pas à nouveau un exercice de langue de bois, je suggère aux visiteurs de ce site d'écrire au maire et de lui faire connaître leur indignation ! Et de buzzer un max puisqu'il semble que ce qui ennuie le plus la ville en la circontance, ce n'est pas la perte de ce chef-d'œuvre mais la mauvaise image que cela donne de la cité !
Et pour conclure sur une note humoristique, espérons maintenant qu'un autre chef-d'œuvre de Compagnon Passant tailleur de pierre, celui de Cédric Archimbeau, dit « La Patience de Pézenas », qui consiste en la reproduction de l'escalier de l'hôtel Lacoste à Pézenas, ne disparaîtra pas à son tour… Celui-ci est conservé dans une belle exposition sur le patrimoine à l'intérieur de l'office de tourisme de Pézenas. Espérons que la dynamique et compétente animatrice du Patrimoine gardera l'œil ouvert sur cette autre très belle pièce ! On ne sait jamais, des fois que les services techniques de la ville entreprennent de le déplacer…
44 commentaires
Inutile bien sûr pour les élus de Pézenas de se gargariser de belles démarches envers les métiers, si une aussi simple que celle-là leur échappe!
Si la Sagesse doit guider nos pas, le bandeau ne doit pas retomber sur nos yeux !
Amitiés.
S'il s'agit d'un accident la première des choses était d'en avertir le créateur seul à juger de l'état final et de faire appel aux compagnies d'assurances de la municipalité.
De toute façon il faudra bien soit redonner les morceaux soit dire ce qu'il est advenu de cette pièce.
Attendons donc les explications !
Amicalement
Rien ne remplacerons pas l’œuvre disparue mais gageons que, si la municipalité le lui demandait, l'ébénisterie du Pays Serge Ivorra (Compagnon du Devoir de Liberté) se ferait une joie de leur réaliser une belle "langue de bois" monumentale pour trôner devant l'hôtel de ville.
Malgré cette pointe d'humour, croyez bien que je suis tout cœur avec vous, amoureux de l'art et de la belle ouvrage et respectueux de tous ceux qui en perpétue les traditions de savoir-faire et de rigueurs.
Et quel dédommagement offrir au Compagnon orphelin de son chef-d'oeuvre ?
Il est de notre responsabilité commune de ne pas laisser les Barbares faire fi de la belle ouvrage !
Tout cela étant dit, avec ou sans alcool, ce qui me semble le plus réaliste c'est que cet accident est àl'origine dû à un mauvais stockage tout d'abord, sans les protections appropriées. On voit bien sur le blog de Mr Renault que la pièce était arrivée dans une caisse spéciale sur palette. Est-ce qu'on a réutilisé cette caisse ? J'en doute. Ensuite, il est probable qu'on a voulu la déplacer à la va vite, et qu'elle est alors tombée.
Dans tous les cas, je vois mal comment elle aurait pu se briser en morceaux si nombreux et si informes qu'il n'aurait pas été possible de les réunir et de la restaurer !!! Et pourquoi ces morceaux ont disparus. Les accidents, ça arrive : mais qu'est-ce qu'on a voulu cacher ?
R. REYNAUD Compagnon ferronnier D.D.U.
hrms
Commentaire de Jean-Michel Mathonière : Je prends ! ;-)
Voici une photographie du chef-d'œuvre restauré de la Coterie Michel Noyer, aujourd'hui conservé au musée du Compagnonnage de Tours (photographie extraite du livre de Roger Lecotté, Chefs d'œuvre de Compagnons) :

Et voici un lien pour télécharger en PDF l'article cité ci-dessus, de Raoul Vergez : cliquer ici.
Merci Avraham !
Une belle œuvre, un beau point de départ pour le magnifique travail qu'il continu à réaliser chaque jour avec perspicacité, volonté et honnêteté.
Silence radio du côté de la mairie de Pézenas, du moins pour ce qui ressort de l'officiel… Il serait souhaitable qu'une réaction franche, avec des propositions concrètes (par exemple, la fouille à la pelleteuse et l'acceptation de funérailles pierreuses dans le parc Sans-Souci), intervienne très rapidement maintenant. Des bénévoles se proposent en effet de répercuter l'affaire sur les forums de généalogie, patrimoine, etc., ainsi que sur la presse régionale et nationale. Mauvaise publicité ! Tout cela pour couvrir une faute professionnelle !
Quelque soit l'erreur commise , je vous en supplie, dite simplement où se trouve cette "Croix du Languedoc", elle ne peut pas "mourir" ainsi, dans une décharge...
Mes amitiés a tous....
Picard la fidélité
Ce qui me désole le plus c’est de ne pas réussir à appréhender comment des hommes et des femmes de la Ville de Pézenas peuvent afficher l’honorable vertu de l’amitié de par leur travail en faveur des artisans d'art et du Compagnonnage et, conjointement, ce détourner de leur engagement pris en faveur du chef d’œuvre du Coterie Frédéric Degenève.
Mes propos ne sont pas de lancer la « pierre », mais bien d’encourager toute volonté dans et pour la révélation d’une once de vérité bien moins lourde à porter par un seul cœur que 800kg de cette même vérité par une seule conscience, fut-elle même collective.
Nantais la Fidélité
Bien à vous, amicalement
Dany BARET
Je remercie Maltete pour ses pièces d'archive remarquables.
Bien à vous, Régis Deltour
respect a l'auteur de cette oeuvre, quel magnifique travail!!
Dissimulation volontaire il y a!
Langue de bois il y a !
Baffouer l'Art est une atteinte sans vergogne.
Inadmissible au nom de tous nos artistes d'ici ou d'ailleurs
L'omerta quasi!! ça donne froid
Alors pourquoi ne pas lancer un appel à la conscience de chacun...pour que celle ci ne réveille pas sur des haillons calamiteux...alors si vous savez!!!ne dit on pas que péché avouer moitié pardonné ???? Même récupérer son lieu de sépulture serait comme une reconnaissance de cette belle oeuvre.
En plus de fouiller les décharges, incitons les savoir des uns et des autres..manà à mano
je suis triste de savoir que des chefs d'oeuvre disparaissent, dû à des des hommes qui ne comprennent pas ou qui ne possèdent pas le goût de la belle ouvrage!
Mais je suis du même avis que le pays Vandenabeele, traitons ça avec écoute et sagesse.
Pays Valy
Je souhaite de tout cœur qu'une réponse soit donnée à La Rigueur De Sète et qu'il retrouve la sérénité.
Tourangeau Coeur Sincère
C tailleur de pierre DDU
Voir le journal télévisé du 14 mars avec l'interview de Madame Edith Fabre, la courageuse adjointe au Maire chargée du Patrimoine, qui n'a pas lâché prise et n'a eu de cesse de dénoncer ce scandale, et celle de Monsieur le Maire, campé devant un autre chef-d'œuvre de Compagnon tailleur de pierre (celui de "La Patience de Pézenas").
Nota : le reportage est annoncé en Une du JT, mais démarre seulement vers 14'30" après.
http://www.pluzz.fr/jt-19-20-languedoc-roussillon-2011-03-14-19h00.html
Nous vous tiendrons bien évidemment au courant des suites de cette incroyable affaire.
Il me semble avoir compris que la ville avait "payé" cette oeuvre en son temps (même s'il ne s'agit que des frais). Elle en est donc propriétaire.
De quel droit se mèle-t-on alors de lui demander de rendre des comptes sur le devenir d'un bien qui lui appartient ?
Ca m'espante, tout çe bruit....
D'une part, la ville n'a pas acheté cette œuvre ; elle a financé la matière première et son transport, c'est tout.
D'autre part, quand bien même on pourrait d'un certain point de vue la considérer comme propriétaire de l'œuvre, cela n'enlève rien au fait qu'elle se doit de respecter la propriété intellectuelle et artistique de l'auteur. Elle n'a donc aucun droit à détruire cette œuvre.
D'autre part encore, une ville est une collectivité territoriale et non une personne privée. En clair, les élus ont des comptes à rendre à leurs concitoyens — et ceux-ci sont non seulement en droit mais aussi en DEVOIR de leur en demander.
Enfin, tant mieux si tout ce bruit "espante" ceux qui n'ont pas de respect pour le patrimoine ! Dites-vous bien que tant que cette affaire n'aura pas connu un parfait dénouement, elle les "espantera" haut et fort !
L'inconvénient de la pierre, surtout lorsqu'elle est brisée au fond d'une décharge, c'est qu'elle ne fait pas biper les détecteurs de métaux…
Sans doute Monsieur Mathonière se croit-il malin en proposant de faire un enterrement compagnonnique à ce qui reste de la croix du Languedoc. Mais une telle cérémonie n'existe que dans son imagination fertile, comme le compagnonnage en Italie ! Ni l'Association des Compagnons du Devoir, ni la Fédération Compagnonique des métiers du bâtiment, ni l'Union Compagnonnique des Compagnons des Devoirs Unis ne pratiquent de rites d'enterrement compagnonnique. J'ai dit !
Quant au fait que le bruit fait autour de cette affaire gêne l'image que la ville de Pézenas souhaite se donner vis-à-vis des métiers d'art et, accessoirement, du Compagnonnage, c'est effectivement dommage… mais il faut assumer ses bêtises !
Je me vois dans l'obligation de clôturer les commentaires sur ce post, histoire d'éviter les dérapages.
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