L’escalier suspendu sur voûte à retour sur trompe de l’hôtel Lecomte (de Puységur) à Bordeaux (33)
7 Mars 2011
L’escalier suspendu sur voûte à retour sur trompe de l’hôtel Lecomte (de Puységur) à Bordeaux (33)
Publié le 7 Mars 2011 @ 07:00:00 , contient 325 mots
Construit à la fin du XVIIe siècle, l’hôtel Lecomte (actuel lycée du Mirail) possède sur son aile gauche un escalier suspendu sur voûte à retour sur trompe.

Les trois types d’escalier suspendu sur voûte
Un escalier suspendu sur voûte est défini par l’absence de tout support vertical côté jour et par la présence des voûtes en surplomb assurant le support des volées. Il existe trois procédés de suspension : les escaliers de type Urbin sont des escaliers aux marches reposant les unes sur les autres. Ces marches porteuses tiennent essentiellement par leur engagement dans le mur de cage. Elles peuvent se passer de limon. Les plus anciens escaliers de ce type, exécutés au XVe siècle, se trouvent au palais ducal d’Urbin en Italie. L’exemple de la Carità de Venise a bénéficié d’une grande diffusion grâce à l’œuvre de Palladio. Cette diffusion – notamment en Angleterre – est telle qu’on enseigne aujourd’hui l’escalier sans limon sous l’appellation « escalier à l’anglaise » par opposition à « l’escalier à la française », c'est-à-dire avec limon.
Suite:
Les escaliers sur voûtes définissent le troisième procédé de suspension. Ces voûtes peuvent être à retour en arc de cloître ou sur trompe. On appelle « retour » le passage d’une volée à l’autre.

La stéréotomie de l’escalier de l’hôtel Lecomte
L’escalier de l’hôtel Lecomte est à retour sur trompe. Ces présentes trompes sont appareillées en « panache » et ont pour fonction de soutenir les paliers. Il est à noter la faible hauteur de flèche de la voûte. La partie limon laisse entrevoir un appareillage irrégulier et peu soigné. L’escalier, jusqu’à une récente restauration était entièrement enduit et badigeonné ; usage très fréquent pour la stéréotomie des escaliers.


© Photographies Hervé Mabileau, D.R.
9 commentaires
Dans un autre genre, allez voir ce site où, parmi d'autres pages consacrées à cet ouvrage, on prend les vrais professionnels de l'escalier pour des billes
http://legrimoiredeminimoon.kazeo.com/lieux-insolites,r297968.html
Les collègues apprécieront les inepties et les "perles" enfilées les unes après les autres.
Voici d’autres liens qui renvoient à des études un peu plus sérieuses que le récit hagiographique tiré de christ-roi.net : (tous en anglais)
http://www.csicop.org/si/show/helix_to_heaven
http://urbanlegends.about.com/library/bl_mysterious_staircase15.htm
et enfin
http://www.lorettochapel.com/history.html
Ce dernier site nous éclaire sur tout le contexte « français » de l’affaire, et l’on est finalement heureux d’apprendre que le mystérieux escalier est l’œuvre d’un artisan dénommé Jean-François Rochas, émigré au Nouveau-Mexique, probablement à la suite de l’architecte qui a conçu et réalisé la chapelle, un parisien dénommé Antoine Mouly…
Lequel Mouly aurait travaillé à la Sainte-Chapelle, ce qui reste à vérifier… mais même les vitraux viennent de Paris !!
Quand à la structure du prétendu miraculeux escalier, elle est bien évidemment peu surprenante pour qui connait un peu la stéréotomie… à rapprocher de l’un des récits « surnaturels » qui se coupe largement en signalant que l’artisan trempait ses pièces de bois dans des baquets d’eau…
A suivre !
Alain
Le limon intérieur est "à la française", donc avec des joints à crochet entre les éléments de ce limon (malheureusement, il n'y a pas de photos de détail; c'est plus rigide qu'un limon "à l'anglaise" (comme le limon extérieur), car, le bandeau étant plus large, l'ensemble est plus homogène.
Le choix d'un plafonnage en plâtre (traditionnellement supporté par des lattes plates clouées sur la jonction marche/contremarche) assure évidemment une plus grande rigidité à l'ensemble qu'un plafond rampant en bois (qu'il soit menuisé ou pas).
Concernant le limon extérieur "à l'anglaise, dont nous n'avons pas de photos de détail, il peut avoir été exécuté de deux façons :
1) Limons débillardés prenant plusieurs marches.
2) Un morceau de limon par marche, assemblé avec le précédent et le suivant par rainure et fausse languette.
Normalement, les limons s'assemblent avec des pigeons, tige filetée, rondelles et écrous, et les marches sont clouées en entaille (limon à la française) et sur et devant le limon à l'anglaise, les contremarches clouées sur le dos des marches (caché ensuite par le plafond).
Voilà ce que je peux en dire pour l'instant.
http://www.flickr.com/search/?w=all&q=loretto+staircase&m=text
je suis prêt à affirmer que cet escalier est de construction française. Si la mouluration et les motifs de tournages sont d'inspiration anglo-saxonne, il est clair qu'au vu de quelques détails dont :
- Départ d'escalier à volutes, avec raccord parfait de moulures de main-courantes, de même à l'arrivée (connaissance des développements et donc du trait).
- Coupes d'équerre au rampant sur les limons et les mains courantes (les anciens de Coubertin s'en souviendront !).
- Potelet de soutien avec panneau à plate-bande sous le limon droit de départ.
Tout ceci à un petit air d'escalier Parisien, que Jamin ne renierai pas !
Pour comprendre la rigidité de l'ensemble sans appuis intermédiaires, j'ai déjà vu sur des escaliers à l'anglaise XIXe, avec plafond en plâtre, des renforts intérieurs en bandes de métal type 50-60x8-10, vissées à l’intérieur des limons sous les marches et contremarches et cachées ensuite par le plafond rampant.
J'ai trié quelques photos révélatrices de ces détails que je peux envoyer à Jean-Michel s'il veut les publier sur le site.
Bien à vous
Philippe le Quimper
CMDD
[Commentaire de Jean-Michel Mathonière : Merci Pays pour ces remarques ! Je suis bien sûr preneur des photos de détails.]
Remerciements








