Un emblème de Compagnon tailleur de pierre à Marseille (13)
18 Avril 2011
Un emblème de Compagnon tailleur de pierre à Marseille (13)
Publié le 18 Avril 2011 @ 07:00:00 , contient 139 mots
Il y a longtemps déjà que le Coterie Axel Efimieff, Compagnon tailleur de pierre des Devoirs, m'a communiqué ce bel emblème de Compagnon tailleur de pierre se trouvant sous un balcon dans une rue sous Notre-Dame de La Garde à Marseille (Bouches-du-Rhône). Au gré d'une recherche dans mes archives numériques, j'ai remis la main dessus et je le publie aussitôt sur le blog.

© Photographie Axel Efimieff, D.R.
On y voit l'équerre et le compas entrecroisés, accompagnés du fil à plomb, du maillet de bois cintré, du ciseau (ou de la chasse), du marteau taillant (à taillants inégaux, que l'on nomme "le Jacques") et d'un guillaume à pierre.
Suite:


© Photographies Axel Efimieff, D.R.
Quelqu'un a-t-il des précisions à nous apporter ?
5 commentaires
Je viens ici, poser une simple question...
Qu'est-ce qui permet de dire que ces outils rassemblés sont l'emblème d'un Compagnon tailleurs de pierre ?
Et si ce n'était qu'un "simple" tailleur de pierre ?
Je ne pense pas que la présence du compas et équerre entrecroisées soit suffisante pour une telle affirmation...
Mes amitiés a tous.
Picard la fidélité
Compagnon Pâtissier Resté Fidèle au Devoir
Par ailleurs, je pense qu'à l'époque où cet emblème a été sculpté, et dans une ville comme Marseille où la présence compagnonnique des deux rites était importante, les Compagnons auraient demandé des comptes à celui qui se serait abusivement paré de leurs attributs…
Ma remarque sur le fait qu’il est à mon avis prématuré de baptiser d’emblème de Compagnon ce que je nommerais personnellement "bouquet" d’outils professionnels (terme qui peut être plus particulièrement employé pour les outils de repassage presentés sous le second balcon) ne se base pas, comme vous paraissez le penser, sur l’absence de lettres symboliques accompagnant le blason, mais simplement sur le manque d’éléments concrets pouvant permettre une telle affirmation (par exemple le nom du propriétaire de l’époque qui permettrait, avec beaucoup de chance je vous l’accorde, de retrouver une trace compagnonnique).
Vous me dites que « dans une ville comme Marseille où la présence compagnonnique des deux rites était importante, les Compagnons auraient demandé des comptes à celui qui se serait abusivement paré de leurs attributs ». Cela n’est pas une évidence, votre propos est échafaudé sur l’hypothèse que ce « bouquet » est un blason compagnonnique ; mais si celui-ci n’en est pas un ?
De plus, comme vous-même vous nous l’avez déjà démontré, des sociétés mutualistes de tailleurs de pierre utilisaient équerre et compas, et à ce jour, je ne connais pas de rixes particulières entre Compagnons et sociétés mutualistes pour l’utilisation des outils de métiers sur leurs bannières, courriers, invitations, et pourquoi pas aussi, balcon ?
Puis, pour terminer, il peut être aussi difficilement concevable qu’à cette époque, un Compagnon tailleur de pierre (si c’est le cas comme vous le prétendez) se permette de créer un blason d’une corporation féminine de repasseuse… pour accompagner celui du NOBLE Compagnonnage auquel il appartient…
Voilà cher Jean-Michel les raisons qui font que je persiste à dire, malgré votre sympathique réponse , qu’il est à mon avis un peu trop hasardeux de qualifier cette sculpture d’emblème de Compagnon tailleur de pierre… le nom de « emblème de tailleur de pierre » ou, comme je vous le suggère de « bouquet d’outils de tailleur de pierre » qui accompagne le « bouquet d’outils de repasseuse » serait, de mon simple avis, plus approprié.
Mes sincères et respectueuses amitiés
Picard la Fidélité
Compagnon Patissier Reste Fidele au Devoir.
Dans le cas des tailleurs de pierre, depuis le temps où je côtoie le sujet, je pense avoir justement largement démontré combien il convient de rester prudent quant à la classification des emblèmes. Là il s'agit sans aucun doute pour moi d'un emblème de Compagnon tailleur de pierre. Si l'équerre et le compas entrecroisés peuvent effectivement avoir été employés par d'autres groupes, notamment la franc-maçonnerie ou, beaucoup plus exceptionnellement, les sociétés mutualistes (qui sont souvent l'expression d'anciens Compagnons installés), ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain ! On peut ici écarter d'emblée le fait qu'il s'agisse d'un Franc-maçon (même si ce tailleur de pierre pouvait également être membre d'une Loge) et rien ne renvoie à l'emblématique mutualiste…
Par ailleurs, il est à noter que le terme de « bouquet » est inapproprié dans la mesure où il existe déjà, de longue date, le terme de « trophée » pour désigner ce genre d'arrangement d'outils ou d'instruments.
J'ajouterai que les blasons (bouquets d'outils ou trophées, comme l'on voudra) n'étaient pas aussi figés autrefois (jusqu'à la fin du XIXe siècle) qu'aujourd'hui. Nous l'avons vu à l'occasion d'autres articles. De très nombreuses variantes se rencontrent ici et là, selon les lieux, les époques et les métiers. Celui du tailleur de pierre de Marseille est à rapprocher des anciens blasons de compagnons passants charpentiers, qui comportent bien le compas et l'équerre croisés, mais auxquels sont associés les autres outils du métier (scie, ciseau, maillet, bisaigüe, tarière, rainette, pige, etc.). Au fil des décennies, ces vieux blasons se sont allégés pour ne plus comporter que deux ou trois outils emblématiques.
En ce qui concerne le "blason" de la repasseuse, je précise qu'on y voit un fer (à droite) et un pose-fer (à gauche) et que l'instrument en forme d'oeuf emmanché se nomme un "fer à bouillonner", "bouffette", "fer à coques" ou encore "coq de repassage". Léon Bonneff, l'évoque dans son roman "Aubervilliers" (1914), à propos de l'atelier d'une blanchisseuse : "Plongés directement dans le foyer, les outils de métal qu'on appelle les coqs rôtissent leur tête noire en forme d'oeuf emmanché à une baguette de fer. (...) Pour savoir si le fer est chaud, il faut l'appuyer sur la flanelle : aussi longtemps qu'on y laisse une marque jaune, on ne peut l'appliquer sur la mousseline. Quand il ne marque plus, on l'enfonce par la tige dans une boîte et on fait glisser sur sa tête noire les plis des chemisettes où le fer plat ne pénétrerait pas."
On y voit aussi deux sortes de ciseaux, qui n'en sont pas, puisqu'il s'agit de "fers ou pinces à tuyauter", qui servent aussi au repassage.
Les deux objets en forme de fuseau pourraient être des "bâtons à gants", pour déplisser les doigts de gants en les passant à l'intérieur.
Quant aux objets circulaires, nous attendons les informations d'un visiteur du site...








