Une étrange Marianne
5 Août 2012
Une étrange Marianne
Publié le 5 Août 2012 @ 07:00:00 , contient 176 mots
Récemment un buste d’une étrange « Marianne maçonnique » (du moins vendue comme telle) a été adjugé à Drouot.
Elle mesure 20 cm hors socle. Elle est en régule argenté.
En guise de collier, elle porte un ruban large soutenant une équerre et un compas, mais le compas pointes en haut, à la manière des Compagnons Étrangers tailleurs de pierres. Elle porte arbore aussi, sur un ras du cou une fleur à 5 pétales, probablement une violette. Cette même fleur est présente au niveau de la chevelure.

A ma connaissance, l’équerre et le compas dans cette position n’ont été utilisé que sur les tombes de Compagnons ou par les Compagnons Étrangers tailleurs de pierre, jamais par les Francs-maçons.
A noter que ce buste en régule, dans sa composition, elle ressemble à la Marianne (Minerve) polychrome du Sénat (photo ci-dessous).

Un visiteur du blog, un Compagnon tailleur de pierre ou d'un autre métier, aurait-il des informations sur cette représentation d’une très jolie femme à la recherche de son identité ?
Antiquités maçonniques
Jean-Luc FRIGIDE
15, les nauves de la croix
33230 Saint-Médard de Guizières
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6 commentaires
Plus fréquents encore sont les représentations du compas pointes en haut posé sur un niveau à plomb (on en voit sur des médailles, bannières, céramiques, etc.).
Enfin, sur les monuments funéraires de la fin du XIXe et du début du XXe s., il est courant de voir le compas et l'équerre inversés, ou encore le compas pointes en haut associé au niveau de l'égalité.
Il ne faut pas nécessairement en déduire un sens particulier, mais s'il y en a un il doit correspondre à l'idée générale de "direction" du compas. Les branches ouvertes vers l'est (l'orient, d'où vient la lumière), aussi bien sur les tracés de Vuillaume que dans l'emblématique funéraire (vers l'orient éternel), symbolisent l'ouverture vers l'origine de la lumière, vers le monde de l'esprit et du grand architecte de l'univers, selon la terminologie maçonnique.
Dans le cas de la Marianne, il est possible que l'idée soit la même : le compas est tourné et ouvert vers l'idéal républicain et la pensée. Car c'est bien une pensée qui est posée sur la tête de Marianne, symbole très courant au XIXe siècle, aussi bien dans l'art funéraire que dans l'imagerie populaire et le courant para-maçonnique de la Libre Pensée.
En tout cas, il est exclu que cette statuette ait quelque rapport avec le Compagnonnage. Si des compagnons étaient républicains au XIXe siècle, d'autres étaient favorables à l'Empire (le premier comme le second), d'autres encore étaient monarchistes.
La régule non teintée est d'usage assez récent (fin XIXe, 1ère guerre mondiale en remplacement du cuivre). Ce n'est pas l'inversion de l'équerre et du compas qui me gêne (et leur positionnement au grade de maître, c'est quelque chose d'assez courant), mais outre le fait qu'il n'y ait pas d'autres symboles qui permettrait d'enlever l'ambiguité Maçonnerie/Compagnonnage (règle, maillet, truelle...), cette fleur à cinq pétales (le cinq est le chiffre du grade de Compagnon en Franc-maçonnerie, mais aucune fleur n'y est associé et ce n'est pas un rappel de l'étoile flamboyante, elle serait inversée, et là, impossible de l'inverser fin 19e, début 20e siècle), ce sein nu (les Marianne maçonniques n'ont jamais le sein dénudé, cf >> http://www.masgnaud.fr/images/997422.jpg).
Je pencherai, de mon côté soit pour une Marianne compagnonnique, soit pour un objet qui se veut maçonnico-compagnonique pour attirer deux types de chalands en même temps. A suivre...
Je pensais, en voyant le buste, qu'il s'agissait d'une facture datant du XIXème siècle. Par contre, j'ai quelques doutes quant à l'origine française de l'objet. Les commentaires me confortent dans ces opinions. Pour ce qui concerne la position du compas sur l'équerre dans ce sens sur le buste dont je ne crois pas non plus plus qu'il figure une Marianne ou une Minerve. Je suis praticien du rite anglo-saxon et cette position du binôme est celle qui se trouve placée sur le Volume, sur le plateau du Vénérable, à savoir le compas présentant ses pointes vers le Vénérable. La position dessus, dessous ou croisée dépend, comme sur le continent, du degré des travaux. Ceci étant, j'attire votre attention sur le noeud du ruban qu'elle porte dans les cheveux et qui est identique dans sa représentation à celui formé autour de son cou. Je ne sais pas comment vous faire passer l'image, mais il y a une représentation d'une femme franc-maçon espagnole assez célèbre du XIXe siècle, Rosario de Acuña y Villanueva, féministe très active, née à Madrid en 1851. Elle fut initiée au Droit Humain espagnol dans la Loge "Constant Alicante Alona" d'Alicante où elle pritle surnom symbolique d'Hypatie.
Sans affirmer qu'il s'agit d'une représentation de cette Soeur, on peut voir sur la gravure, le même noeud en forme de fleur à cinq pétales, fermant le ruban de décoration de son col. Ceci étant, je ne doute pas que cela ait pu être un accessoire de mode, mais sa présence dans les cheveux et autour du cou me semble digne d'attirer l'attention. Il ne peut s'agir d'un myosotis car cet emblème n'a été systématisé que dans la seconde moitié du XXe siècle.
Je pensais, en voyant le buste, qu'il s'agissait d'une facture datant du XIXème siècle. Par contre, j'ai quelques doutes quant à l'origine française de l'objet. Les commentaires me confortent dans ces opinions. Pour ce qui concerne la position du compas sur l'équerre dans ce sens sur le buste dont je ne crois pas non plus plus qu'il figure une Marianne ou une Minerve. Je suis praticien du rite anglo-saxon et cette position du binôme est celle qui se trouve placée sur le Volume, sur le plateau du Vénérable, à savoir le compas présentant ses pointes vers le Vénérable. La position dessus, dessous ou croisée dépend, comme sur le continent, du degré des travaux. Ceci étant, j'attire votre attention sur le noeud du ruban qu'elle porte dans les cheveux et qui est identique dans sa représentation à celui formé autour de son cou. Je ne sais pas comment vous faire passer l'image, mais il y a une représentation d'une femme franc-maçon espagnole assez célèbre du XIXe siècle, Rosario de Acuña y Villanueva, féministe très active, née à Madrid en 1851. Elle fut initiée au Droit Humain espagnol dans la Loge "Constant Alicante Alona" d'Alicante où elle pritle surnom symbolique d'Hypatie.
Sans affirmer qu'il s'agit d'une représentation de cette Soeur, on peut voir sur la gravure, le même noeud en forme de fleur à cinq pétales, fermant le ruban de décoration de son col. Ceci étant, je ne doute pas que cela ait pu être un accessoire de mode, mais sa présence dans les cheveux et autour du cou me semble digne d'attirer l'attention. Il ne peut s'agir d'un myosotis car cet emblème n'a été systématisé que dans la seconde moitié du XXe siècle.
J'ai une autre piste. La Libre Pensée a utilisé la pensée comme emblème dans la même position( a priori cette fleur est une pensée. Reste l'équerre et le compas inversé a expliquer!
Ce buste est en métal de type régule. Il sonne comme du régule et il est relativement mou (Cf la trace sur le nez). Cet alliage a été utilisé ( Cf wikipédia)quelquefois argenté par électrolyse) par les fondeurs avant 1850.










